Un nouveau mode de qualification pour le prochain Vendée Globe



Dans leur dos, New York, devant leur étrave, à une grosse semaine de mer minimum, les Sables d’Olonne. Vingt-neuf skippers ont pris le départ de la New York-Vendée. Ils ne seront pas animés des mêmes desseins. Chez les gros bras, Yoann Richomme, vainqueur de la transat aller au départ de Lorient, retrouve ses opposants favoris, Charlie Dalin et Jérémie Beyou ainsi que Thomas Ruyant, qui avait séché la Transat anglaise. Ça promet de chauffer entre eux. C’est l’ultime rendez-vous comparatif avant le Vendée Globe (départ 10 novembre), si l’on excepte le sympathique Trophée Azimut de mi-septembre qui ne va guère plus loin que l’île de Groix.

42 candidats pour 40 places

Neuf skippers, dont Ruyant et Sam Goodchild, avaient une formalité à accomplir pour valider une condition nécessaire mais pas suffisante pour participer au Vendée Globe : franchir la ligne de départ, informatiquement mouillée cent milles au large de la statue de la liberté. Mais qualifié ne veut pas dire sélectionné. Ils sont encore 42 à revendiquer 40 places, après le renoncement de Phil Sharp et Nicolas Troussel. Et a priori, il n’y aura pas de rab.

« Le règlement doit être respecté, assène Alain Leboeuf, l’organisateur en chef, le président de la SAEM Vendée. C’est pareil pour les JO, certains se qualifient et pas d’autres. » Le valeureux François Guiffant, qui d’habitude prépare les bateaux de ceux qui partent (il a travaillé pour Desjoyeaux, Riou, Stamm, Beyou, Davies), sait qu’il serait le premier éliminé, son bateau ayant dépassé de six mois la date de péremption officielle. Le couperet tombera aussi sur celui qui aura le moins de milles au compteur dans les courses qualificatives.

Pour l’instant, à ce compte-là, le malheureux est l’Anglais James Harayda. Mais onze skippers sont encore exposés si l’infortune des mers devait les toucher, d’autant que les milles de cette course terminale sont abondés de 50 pour cent. Les pas tout à fait tranquilles sont, dans l’ordre du risque, Louis Burton, Conrad Colman, Pip Hare, Kojiro Shiraishi, Goodchild, Szabolcs Weöres, Clarisse Crémer, Xu Jingkun, Violette Dorange, Oliver Heer et donc Harayda.

Un système revu pour la prochaine édition

« J’essaye de ne pas me prendre la tête avec ça », confie Violette Dorange. En outre, l’organisateur dispose d’une wild-card à même donc de passer outre ce classement aux points. Serait-elle pour Clarisse Crémer ? « J’ai eu des pressions énormes, avoue Alain Leboeuf, qui n’oublie pas qu’il est un homme politique, même de la Ministre (des Sports, Amélie Oudéa-Castera). Elle m’a expliqué le risque médiatique que nous prenions, à ternir notre image, si nous ne répondions pas positivement à se demande (…) Je pense qu’elle a tout ce qu’il faut pour être sélectionné (…) S’il y a un sujet de dernière minute, elle peut faire partie de ceux qui peuvent prétendre à la wild-card. » En clair, Alain Leboeuf espère fort que la mer décidera pour lui. Retoquer le concurrent japonais ou chinois ne serait pas fameux pour la réputation internationale du Vendée Globe ?

Ce système, très critiqué, notamment par le vétéran Jean Le Cam, qui s’est essentiellement contenté de prendre des départs comme pour montrer les limites du système, sera revu pour la prochaine édition. Il génère trop de pressions et d’incertitudes. Selon nos informations, 25 skippers devraient être qualifiés d’office, un an avant, via le classement Imoca, qui intègre la performance. Cette notion n’est pas du tout considérée actuellement puisque le premier qui a pris des risques est autant doté que le dernier qui navigue en vitesse de convoyage. Les 15 dernières places seraient attribuées via les résultats sur la dernière année.



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