une banque privée se fait voler 224 ordinateurs, une enquête ouverte deux ans après


Le Ministère public genevois avait décidé en 2022 de ne pas ouvrir d’enquête malgré le dépôt d’une plainte pour «vol, violation de domicile et abus de confiance», en avançant que le caractère délictueux du vol n’était pas établi.

Il aura fallu attendre deux ans pour qu’une enquête soit ouverte. En décembre 2022, une banque privée suisse constate le vol de 224 ordinateurs pour une valeur de 270.000 francs suisses (environ 277.000 euros). Cependant, le Ministère public genevois avait décidé de ne pas ouvrir d’enquête malgré le dépôt d’une plainte pour «vol, violation de domicile et abus de confiance», en avançant que le caractère délictueux du vol n’était pas établi.

Le 3 juillet dernier, cette décision a été retoquée par la Chambre pénale de recours, comme le relatent nos confrères du Temps, et indique que des actes d’enquête «simples et proportionnés» peuvent être toujours mis en œuvre par le parquet. En clair, une enquête doit être menée pour comprendre les circonstances exactes de la disparition des ordinateurs.

Ordinateurs volatilisés

La banque privée avait passé une commande de plus de 900 ordinateurs qui devraient être livrés, en plusieurs lots, entre avril et août 2022. Toutes les commandes auraient été réceptionnées par des collaborateurs internes mais aussi externes, comme l’explique le quotidien Le Temps. Une fois l’inventaire final réalisé, la banque s’est rendu compte que l’intégralité des 100 appareils livrés le 18 mai 2022 avait été volée. Puis, qu’une autre centaine d’ordinateurs s’était volatilisée au cours des derniers mois.

Le matériel avait d’abord été livré dans un local appartenant à la banque et devait être acheminé au département informatique. Sauf, que la marchandise a simplement disparu du local et n’est jamais arrivée à bon port. Dans son rapport fait en 2022, la police genevoise révèle que l’examen des images de vidéosurveillance n’a pas été concluant et qu’il est impossible techniquement de localiser les ordinateurs disparus. Rien de plus n’avait été entrepris par la police, au grand dam de la banque privée qui s’était interrogé sur le «découragement injustifié» du parquet à lancer une enquête plus approfondie.

Dans son ordonnance du 3 juillet 2024, la Chambre pénale de recours invite donc le parquet genevois de tenter d’élucider cette affaire, de comprendre les circonstances exactes de la disparition des ordinateurs ainsi que de lancer un mandat d’arrêt contre le principal suspect, un homme qui était présent dans le local lors de la livraison du 18 mai. Selon les informations du Temps, l’individu ferait également l’objet d’une enquête en France où il est soupçonné d’avoir fourni des informations permettant le vol de 62 ordinateurs sur son ancien lieu de travail.



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