VIDÉO – “Éric Ciotti nous a menti” : la charge de Bruno Retailleau après la proposition d’alliance entre LR et le RN


Le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau a accusé, mardi, le patron du parti Éric Ciotti d’avoir “trahi” son camp par “déloyauté”.
Le chef des Républicains a proposé une alliance au Rassemblement national en vue des élections législatives.

“Il a menti, il nous a menti”. Visiblement ému et en colère, Bruno Retailleau a fustigé le “manque droiture” d’Éric Ciotti qui, dans le 13H de TF1, a tendu la main au Rassemblement national en vue des élections législatives. Le patron des Républicains au Sénat l’assure : lui qui a été “plusieurs fois en contact” avec le président du parti ces dernières heures n’était pas au courant.

“Pensez-vous qu’à un seul moment, il nous ait confié quelques confidences que ce soit ? Rien du tout ! Jusqu’à ce matin, c’est à travers les dépêches que j’ai appris… Je ne voulais pas y croire dans un premier temps (…) Il a menti, il nous a menti. Dans un but sans doute personnel vis-à-vis de Nice”, a martelé le sénateur de la Vendée. “J’ai bien conscience que le spectacle que nous donnons attriste nos compatriotes, mais nous avons des convictions”, insiste-t-il.

“Le président trahit sa propre famille politique sans en parler”

Au sortir d’une “réunion exceptionnelle” au Sénat, Bruno Retailleau a qualifié le paysage politique de “champ de ruines”. Le président du groupe LR au Sénat a lu une phrase prononcée le 16 janvier dernier : “Les Républicains ne feront jamais d’alliance avec le Rassemblement national. Nous avons des divergences idéologiques profondes et nous devons préserver notre indépendance et notre intégrité”. “Ce n’est pas moi qui l’ai prononcée […], cette phrase a été prononcée par Éric Ciotti. C’est une double faute, à la fois sur le fond et dans la manière”, a déclaré le patron des sénateurs Républicains. 

“On vient d’assister à un épisode rarement vu en politique où le chef, le président, trahit sa propre famille politique sans en parler”, a ajouté le sénateur de Vendée, expliquant qu’Éric Ciotti avait “acquiescé” lundi soir lors d’une réunion des cadres, lorsqu’une stratégie autonome lui avait été présentée en vue des législatives anticipées. “Il ne peut pas rester à la tête du parti, mais je sais qu’il va s’accrocher”, a encore expliqué Bruno Retailleau, rejoignant de nombreux membres des Républicains ayant appelé à la démission du député des Alpes-Maritimes. Les sénateurs LR, qui composent la première force politique de la chambre haute, s’étaient positionnés dans la matinée à l’unanimité contre toute alliance avec le Rassemblement national, prônée par Éric Ciotti.

La rumeur sur un accord avec l’extrême droite avait couru tout au long de la matinée. Éric Ciotti l’a confirmée sur TF1 à la mi-journée : “Nous avons besoin d’une alliance, en restant nous-mêmes, (…) avec le Rassemblement national et avec ses candidats”. Le député des Alpes-Maritimes, connu pour ses positions droitières, est ainsi devenu le premier dirigeant de la droite républicaine à proposer un accord qui, s’il se concrétise, sera le premier de ce genre en France avec l’extrême droite.


T.G.



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