VIDÉO – Éric Ciotti tend la main au RN : récit d’une journée explosive


Pour la première fois, un parti de droite, héritier du gaullisme, appelle à faire alliance avec le Rassemblement national.
L’annonce faite par le président des Républicains, Éric Ciotti, dans le JT de 13H de TF1 a fait l’effet d’une bombe.
Au point de risquer l’implosion de son parti.

Lorsqu’il entre dans les locaux de TF1 à la mi-journée, Éric Ciotti sait que ses propos vont créer une déflagration politique. “Nous avons besoin d’une alliance avec le Rassemblement national, avec ses candidats. Une alliance à droite avec tous ceux qui se trouvent dans des idées de droite. Arrêtons de faire des oppositions fictives, un peu factices, pour nous mettre au travail”, affirme-t-il dans la vidéo en tête de cet article. En quelques mots, le président des Républicains franchit un pas qu’aucun responsable du parti n’avait osé faire jusqu’ici. Au point de provoquer un séisme politique.

Un appel à la démission

“Honte à vous. Vous ne méritez pas le nom qui est inscrit sur votre façade, monsieur !”, lui lance l’écologiste Sandrine Rousseau devant le siège de son parti. Le chef de file des Sénateurs républicains, Bruno Retailleau, invoque, lui, une trahison : “Il a menti, il a donc menti, il nous a menti. C’est de la déloyauté, c’est un manque de droiture. Quand on est de droite, la moindre des choses, c’est précisément de cultiver cette droiture”, invoque-t-il devant la presse.

À Paris, comme en circonscription, le parti se fracture sur la place publique. “Il ne nous représente pas. Il ne représente plus notre famille politique. Ce n’est pas la famille gaulliste, c’est pas négociable. Donc c’est départ immédiat. Sinon c’est nous qui partons”, menace de son côté Philippe Gosselin, député sortant LR de la Manche.

Un appel à la démission relayé par Gérard Larcher, le président du Sénat : “J’estime qu’il ne peut plus présider notre mouvement et doit se démettre de son mandat de président des Républicains”, avance-t-il sur X. Certains députés candidats publient déjà des affiches sans le logo Républicain. Deux sénateurs, eux, quittent le parti. Notamment Jean-François Husson : “C’est un choix du cœur, de la raison et de la conscience. Jamais je n’accepterai de perdre mon âme pour quoi que ce soit”, dit-il.

Une onde de choc qui s’est également propagée du côté des sympathisants LR. “Je ne comprends pas sa position”, indique une retraitée. Tandis qu’un jeune homme l’assure : “Je ne voterai pas pour eux s’ils continuent de s’allier avec le Rassemblement national”. “C’est un grand non”, tranche enfin une mère de famille. Rares sont les soutiens publics. Éric Ciotti revendique d’être suivi par une centaine de cadres du parti. 

En attendant, le Rassemblement national y voit un pas de plus vers une majorité à l’Assemblée. “Nous travaillons au redressement de notre pays et nous le ferons avec tous ceux qui souhaitent y participer”, affirme son président Jordan Bardella. Ce lundi soir, la direction du groupe LR à l’Assemblée demande à ses députés sortant de se positionner clairement : pour ou contre une alliance avec le RN.


Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Alison Tassin et Soline Caffin



Lien des sources