Vincent Collet, sélectionneur des Bleus, à propos des JO 2024 à Paris : « La compétition d’une carrière »



Vincent Collet, sélectionneur de l’équipe de France, à propos de la liste élargie pour les JO : « Ce sont des émotions incroyables de pouvoir disputer ce tournoi olympique. J’ai parlé d’opportunité, de privilège. Clairement, c’est la compétition d’une carrière. Même si j’ai eu le bonheur d’en disputer beaucoup d’autres avant, cela va encore plus loin. Déjà, disputer les Jeux dans la vie d’un sportif, c’est énorme. En plus chez soi. Les derniers en France, c’était en 1924. Y être, il faut croquer dans la pomme et en profiter au maximum. Il faut dépasser la pression, et rester dans ce qu’on veut faire pour pouvoir profiter à plein de la situation et être à fond. J’espère que c’est ça qui nous portera le plus haut possible.

La liste (19 noms) est plus large que prévu. On parlait de 16-17 noms initialement, mais l’incertitude des choses, et les contraintes – les joueurs NBA ne peuvent pas commencer plus tôt que 28 jours avant le début de la compétition – ont fait qu’on l’a allongée. Cette liste plus large nous permettra de travailler malgré tout. Cet allongement s’est surtout fait sur les lignes extérieures, où l’on a 13 joueurs pour 7 postes, alors qu’ils sont 6 pour 5 places à l’intérieur. Il y a beaucoup de jeunes que l’on veut voir, même si certains ont une saison difficile – Killian Hayes, Frank Ntilikina, Théo Maledon…-. L’évaluation n’est parfois pas évidente car les joueurs évoluent dans des Championnats très différents, Betclic Élite, Euroligue, NBA, G League… C’est aussi pour cela qu’on veut voir du monde.

Notre construction d’après Coupe du monde passera par la remise en place d’une défense intraitable. À l’intérieur, on a un problème de riches, avec trop de joueurs performants et pas assez de spots disponibles. Mous Fall, qui fait une excellente saison avec Olympiakos mais n’est pas là parce qu’on ne pouvait pas ajouter un quatrième poste 5, en est un exemple. Thomas Heurtel ? Il n’était pas sélectionnable depuis sa signature en Russie. Dont acte.

Les choses iront vite. Une année olympique, ce n’est pas la même configuration qu’un Euro ou un Mondial. À l’issue du deuxième match amical, à Cologne contre l’Allemagne le 6 juillet, on devra avoir l’équipe définitive. On aura très peu de temps pour faire les cuts. »

« On veut revenir sur les bases défensives qui ont fait le succès de cette sélection »

Boris Diaw, manager général de l’équipe de France

Boris Diaw, manager général de l’équipe de France : « C’est vrai qu’il y a beaucoup d’incertitudes sur les postes extérieurs, comme l’a dit Vincent (Collet), avec des Championnats différents et des utilisations différentes. On peut parler d’une pseudo concurrence, mais au final, le but c’est de créer une équipe et il ne faut pas perdre de vue qu’il y a des joueurs qu’on va voir pour la première fois, et qui auront leur carte à jouer. Tout le monde est là pour montrer ce qu’il peut apporter. Ce sera au sélectionneur de faire son travail.

Beaucoup de choses vont changer (par rapport au Mondial). On sait que le fait d’avoir une compétition en France ajoute une pression supplémentaire. Il y aura une philosophie de jeu mise en place, on veut revenir sur les bases défensives qui ont fait le succès de cette sélection, remettre de la rigueur dans l’état d’esprit, avoir une forme d’humilité, respecter la qualité des adversaires. Car dans ce tournoi, peut-être le tournoi olympique le plus relevé de l’histoire, beaucoup d’équipes peuvent prétendre à une médaille. Nous voulons faire partie de ce groupe. »



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