“voyous”, “terroristes”, “organisation politique”… Qu’est-ce que la CCAT à l’origine de la protestation ?


Depuis le début des émeutes en Nouvelle-Calédonie, la Cellule de coordination des actions de terrain est au cœur des polémiques.


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Une manifestation le 13 mai 2024 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. (THEO ROUBY / AFP)

Elle est pointée du doigt depuis le début des violences qui secouent la Nouvelle-Calédonie : la CCAT.
Cette Cellule de coordination des actions de terrain regroupe les principales formations indépendantistes. Des “voyous”, dit le haut-commissaire de la République. Une “organisation mafieuse”, estime le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Une dizaine de ses membres ont été assignés à résidence.

La CCAT réunit des représentants politiques, des syndicalistes, des militants indépendantistes calédoniens. Elle a été mise en place à la fin de l’année 2023. Son objectif principal : informer la population et la mobiliser contre la réforme du corps électoral. Ces derniers mois, elle a organisé des manifestations au fur et à mesure qu’on se rapprochait du vote. La CCAT a revendiqué 50 000 personnes dans les rues en avril sans heurts. À 10 jours du vote à l’Assemblée, la cellule a lancé dix jours de contestation baptisés “10 jours Kanaky” qui ont dégénéré : barrages, blocages, dégradations avant le chaos de ces derniers jours.

Pour l’État, certains élus et habitants, la CCAT est seule responsable de cette situation insurrectionnelle. Ronan Daly, président du Syndicat des commerçants de Nouvelle-Calédonie, ne mâche pas ses mots à son égard : “Ce sont des terroristes. C’est une émanation des partis politiques indépendantistes. Ils en ont vraisemblablement perdu le contrôle. Ils sont des milliers aujourd’hui et les appels au calme lancés par les indépendantistes n’y font rien. Cela fait des mois qu’ils les chauffent, ils montent cette ambiance à l’approche du vote du dégel électoral. Et de toute manière, la plupart des anarchistes qui la composent ne savent même pas pourquoi ils font ça. Ils veulent tout simplement détruire.” Pour le Haut-commissaire de la République, la CCAT n’a plus lieu d’être.

Selon Daniel Goa, président de l’Union calédonienne – un des partis indépendantistes -, la CCAT est une organisation politique de résistance présente sur tout l’archipel, pas des terroristes ou des mafieux comme l’affirme l’État : “Pour s’imposer, il va décrédibiliser les organisations. La CCAT, c’est une organisation politique malgré tout. Même si elle n’a aucune existence légale, c’est un outil mis en place par les mouvements politiques. Dans chaque commune, il y a une cellule CCAT. Ça veut dire que le peuple Kanak, ce sont tous des voyous alors ? Je condamne les violences bien sûr, et ce ne sont pas des gens de la CCAT, ce sont des jeunes qui sont issus des squats, qui sont issus des quartiers pauvres et qui reflètent la société qui est injuste ici aujourd’hui.”

Daniel Goa réplique aussi aux propos de Gérald Darmanin sur l’ingérence de l’Azerbaïdjan, que le pays qualifie d’infondées. C’est une “diversion” pour “masquer l’échec du gouvernement. L’Azerbaïdjan est soutien mais ne s’immisce pas dans nos affaires intérieures.” Daniel Goa le répète, état d’urgence ou pas, le mouvement de contestation continue avec ce qu’il appelle la “phase trois de la mobilisation”. Le dialogue avec Paris est rompu, d’ailleurs la visioconférence prévue jeudi matin avec les élus et Emmanuel Macron a été annulée.





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