WikiLeaks : nouveau répit pour Julian Assange, menacé d’extradition vers les États-Unis


La justice britannique a accordé à Julian Assange, ce lundi, un nouvel appel contre son extradition vers les États-Unis.
Washington cherche, depuis des années, à juger le patron de Wikileaks pour une fuite massive de documents.
Les soutiens de l’Australien de 52 ans, eux, estime que son état de santé ne permet pas une telle mesure.

La bataille n’est finalement pas perdue pour Julian Assange. La justice britannique a accordé, lundi 20 mai, un nouvel appel à l’Australien de 52 ans contre son extradition aux États-Unis, qui veulent le juger pour une fuite massive de documents. L’audience s’est tenue à la Royal Court of Justice en l’absence du fondateur de WikiLeaks, dont la santé s’est considérablement affaiblie selon ses proches. Cette décision intervient après cinq ans de combat judiciaire pour Julian Assange, érigé en symbole du combat pour la liberté d’informer par ses soutiens.

L’Australien encourt jusqu’à 175 ans de prison aux États-Unis, poursuivi pour avoir rendu publics à partir de 2010 plus de 700.000 documents confidentiels sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan. Parmi ces documents figure une vidéo montrant des civils, dont deux journalistes de l’agence Reuters, tués par les tirs d’un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007.

Pas suffisamment de garanties

Après de multiples rebondissements judiciaires, fin mars, deux juges de la Haute Cour de Londres, Victoria Sharp et Jeremy Johnson, avaient demandé aux États-Unis de nouvelles garanties quant au traitement qui serait réservé dans ce pays à Julian Assange si celui-ci venait à être extradé. Ce lundi, alors que les débats ont principalement porté sur la possibilité pour le quinquagénaire de bénéficier de la protection du premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté d’expression, les deux juges ont ainsi considéré que les garanties fournies par Washington n’étaient pas suffisantes.

Julian Assange avait été arrêté par la police britannique en avril 2019 après sept ans passés dans l’ambassade d’Équateur à Londres, afin d’éviter son extradition vers la Suède dans une enquête pour viol, classée sans suite la même année. Depuis, les appels se sont multipliés pour que le président américain Joe Biden abandonne les charges retenues contre lui. L’Australie a fait une demande officielle en ce sens début 2024, que le président américain a dit examiner, suscitant l’espoir chez ses soutiens.

En janvier 2021, la justice britannique avait d’abord tranché en faveur du fondateur de WikiLeaks, invoquant un risque de suicide s’il était extradé. Mais cette décision a ensuite été infirmée. Lors des dernières journées d’audience en février, Julian Assange était déjà absent pour raison de santé. Ses avocats ont plaidé qu’une extradition mettrait sa santé et même sa vie en danger, et que les poursuites contre lui étaient “politiques”. L’avocate Clair Dobbin, qui représente le gouvernement américain, a de son côté fait valoir que Julian Assange avait “publié sans discernement et en connaissance de cause les noms d’individus qui ont servi de sources d’information pour les États-Unis”.


A.B. avec AFP



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