Géorgie : le Parlement étudiera lundi la levée du veto bloquant la loi décriée sur « l’influence étrangère »


La procédure visant à passer outre le veto présidentiel qui bloque en Géorgie la loi controversée sur « l’influence étrangère » débutera la semaine prochaine, a annoncé vendredi le parlement de ce pays du Caucase, malgré d’importantes manifestations dénonçant ce texte.

Le comité des affaires juridiques évoquera la question lundi, en lançant formellement la procédure pour lever ce veto, a indiqué à l’AFP le service de presse du Parlement. Un vote en session plénière est envisagé dès mardi, selon la même source.

Le Parlement de Géorgie a voté le 14 mai cette loi qui prévoit d’imposer à toute ONG ou média recevant plus de 20 % de son financement de l’étranger de s’enregistrer en tant « qu’organisation poursuivant les intérêts d’une puissance étrangère » et de se soumettre à un contrôle administratif.

Rebaptisée « loi russe »

La présidente géorgienne Salomé Zourabichvili, qui est pro-européenne, a mis son veto à ce texte mais le parti au pouvoir « Rêve géorgien », à l’origine du projet de loi, assure avoir assez de voix au Parlement pour passer outre. Ses détracteurs l’ont surnommé « loi russe » en raison de sa similitude avec une législation votée en Russie pour réprimer l’opposition. Le texte a suscité des protestations massives en Géorgie.

L’opposition géorgienne et l’Occident dénoncent une loi visant à entraîner la Géorgie, une ex-république soviétique, vers Moscou. En réaction, le secrétaire d’État Antony Blinken a déclaré jeudi soir que les États-Unis réexamineront l’ensemble de leur coopération avec la Géorgie du fait de l’adoption de ce texte. Washington a aussi annoncé des restrictions de visas de séjour aux États-Unis visant les personnes jugées responsables de « saper la démocratie » en Géorgie, ainsi que leurs proches.

Le parti « Rêve géorgien » a réagi vendredi dans un communiqué, en dénonçant un « chantage au visa » et une « tentative flagrante d’empiéter sur l’indépendance et la souveraineté de la Géorgie ».

La Géorgie est officiellement candidate à l’entrée dans l’Union européenne depuis décembre 2023. Si le « Rêve géorgien » soutient officiellement l’objectif inscrit dans la Constitution de rejoindre un jour l’UE et l’Otan, ce parti, au pouvoir depuis 2012, a ces dernières années multiplié les mesures rapprochant le pays de Moscou.



Lien des sources