Interview. En Seine-Saint-Denis, cette agente du département pourra bénéficier du congé menstruel


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Les agentes du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis pourront bénéficier d'un congé menstruel dès la rentrée de septembre 2023
Les agentes du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis pourront bénéficier d’un congé menstruel dès la rentrée de septembre 2023 (Illustration / ©leszekglasner / AdobeStock)

C’est un soulagement pour Léa (*), après l’annonce de Stéphane Troussel, président du conseil départemental, de la mise en place de l’expérimentation du congé menstruel pour les agentes du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis souffrant de règles douloureuses ou de toute autre maladie gynécologique. Employée dans cette institution depuis trois ans, la jeune femme de 31 ans souffre d’adénomyose, qui correspond à l’endométriose interne à l’utérus. 

En errance médicale depuis plusieurs années, la jeune femme a été diagnostiquée il y a seulement six mois. Dès la rentrée de septembre 2023, et pour une durée d’un an, elle pourra bénéficier d’un aménagement de poste de travail et de jours de congés. Pour actu Seine-Saint-Denis, Léa témoigne des difficultés à devoir cacher ses douleurs à son employeur, mais note aussi l’avancement majeur grâce à cet essai dans la reconnaissance de ces maladies au travail. 

Actu : Après l’annonce de la mise en place de l’expérimentation du congé menstruel pour les agentes du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, comment avez-vous réagi ? 

Léa : J’ai été assez surprise de la nouvelle et en même temps contente qu’une initiative soit prise sur le sujet. C’est important qu’il y ait une reconnaissance des maladies liées aux règles comme l’endométriose. Progressivement, une prise de conscience se fait, alors qu’auparavant nos douleurs passaient sous silence.

Les douleurs liées aux règles ne datent pas d’hier. Pourtant, la mise en place de cette expérimentation n’arrive que maintenant. N’est-ce pas trop tard ? 

Léa : Ce n’est jamais trop tard, mais l’endométriose reste une maladie que l’on reconnaît seulement maintenant. Effectivement, les douleurs de règles ne sont pas nouvelles. Après le problème, c’est que chaque ville risque de suivre ses propres règles, plutôt que d’en avoir des communes. Moi, j’ai la chance d’avoir une institution qui est en train de le mettre en place. Pourtant, certaines de mes amies sont atteintes d’endométriose, mais n’ont pas encore accès à ce congé menstruel. Donc, ça serait bien qu’il y ait une vraie politique nationale.

Votre employeur était-il au courant de vos douleurs au ventre ? 

Léa : Non, je ne l’ai jamais dit, ni même en entretien d’embauche. J’estime aussi qu’il y a le secret médical. Mon employeur n’a pas à savoir avant de me recruter où j’en suis dans mon parcours de santé. En plus je ne serais pas arrivée confiante en entretien en disant “Bonjour, j’ai des règles douloureuses”. Parfois, il vaut mieux ne rien dire pour ne pas subir de discrimination à l’embauche. 

Est-ce que vous êtes déjà allée au travail avec vos douleurs ? 

Léa : Oui, car j’avais peur qu’on me fasse des reproches, que l’on m’accuse de mentir sur mes douleurs. Quand j’étais étudiante, ça m’est arrivée de ne pas pouvoir aller en cours. Des professeurs m’ont déjà dit que je me trouvais des excuses. Maintenant, avec la mise en place de ce congé menstruel, je pourrais me rendre au travail sans avoir peur du jugement des autres.

Comment gérez-vous votre travail et vos rendez-vous médicaux ? 

Léa : J’ai la chance d’avoir un poste qui me permet d’être en télétravail et de rester chez moi avec ma bouillotte. Lorsque j’ai des examens médicaux, je dois souvent poser des RTT pour m’y rendre. Alors que je devrais les utiliser pour partir en vacances. Maintenant, je pourrais bénéficier de jours de congés, sans que l’on me pose des questions.

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