JO Paris 2024 : formations, embauches… Le « dernier coup de collier » des sociétés de sécurité privée


Ils seront déployés sur le territoire francilien pour épauler les forces de l’ordre. Aider à la sécurisation des périmètres de sécurité dessinés pendant les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris 2024. Fouiller, contrôler les visiteurs à l’entrée des sites de compétition. Les agents de sécurité privée seront entre 17 000 et 22 000 sur le terrain selon les jours lors de l’événement. Un besoin en personnel important qui n’est pas encore tout à fait comblé, comme l’a reconnu ce lundi soir Marc Guillaume, le préfet de la région Île-de-France, qui se montre cependant serein.

Basée à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), la société Vigipro France a décroché plusieurs marchés dont la mission sera « d’assurer le filtrage des piétons, véhicules, médias aux abords de sites d’épreuves », explique Hassim Ndiaye, le gérant de l’entreprise aux 60 à 70 salariés. « On espère être plus nombreux pendant les JO, on s’est aussi engagé à 10 % d’insertion professionnelle. »

« Nous sommes dans les temps »

Mais recruter dans ce secteur en tension n’est pas une mince affaire. Près de 12 000 agents ont déjà été embauchés pour le grand rendez-vous sportif de cet été. Des postes sont encore à pourvoir pour atteindre les besoins estimés par Paris 2024, l’organisateur, en matière de sécurité privée. À près de trois mois du coup d’envoi de ces JO, Marc Guillaume l’assure toutefois : « Nous sommes dans les temps ». Le haut fonctionnaire table sur plus de 15 000 embauchés au 1er juillet.

L’instance régionale de l’État réunissait ce lundi, en fin de journée à Paris, environ 70 sociétés de sécurité privée ainsi que France Travail et le Cojo à l’aube d’une « dernière étape massive » de formations et de recrutements, souligne Najat Semdani, cheffe de projet JOP chez France Travail. Avec plus de 6 000 places de formation ouvertes et des dizaines de job dating. « Un dernier coup de collier », insiste-t-elle. Et des postes à prendre, aussi bien en CDI qu’en CDD, ceux-ci pouvant notamment intéresser les étudiants en quête d’un job d’été.

Jusqu’à 15 euros net de l’heure

Au 1er mars, « nous avions formé 20 032 personnes. Finalement, on dépassera les 25 000. C’est plus que l’objectif initial », reprend Marc Guillaume. En parallèle, « l’État prévoit une enveloppe financière supplémentaire », en plus des 46 millions déjà alloués dans ce programme. Le préfet a rappelé par ailleurs la nécessité pour les entreprises « de fidéliser leur vivier de personnel », à travers notamment des promesses d’embauche.

« C’est un métier dévalorisé, qui n’a pas bonne publicité. Mais ça paie, d’autant que la concurrence est accrue. Des sociétés sont prêtes à payer 15 euros net de l’heure », poursuit Hassim Ndiaye, qui s’est positionné lors de la quatrième vague d’appel d’offres lancée par Paris 2024 en fin d’année dernière.

Et pendant la cérémonie d’ouverture ?

Quant aux lots de la cérémonie d’ouverture, RMC Sport révélait en fin de semaine dernière une « situation inquiétante », d’après leurs sources, tandis que seules cinq entreprises auraient répondu à l’appel d’offres concernant 29 lots pendant la grande parade fluviale du 26 juillet 2024.

« Ce sera le pic d’activité », argue Marc Guillaume, qui se veut, lui, serein, compte tenu de la proportion d’agents privés nécessaire par rapport à la mobilisation de la force publique. « Le jour de la cérémonie d’ouverture, nous aurons 45 000 hommes déployés — policiers, gendarmes — et avec eux 2 000 agents de sécurité. »

Malgré cela, la situation semble bien surveillée de près. Dans le compte rendu de la réunion du comité ministériel des Jeux olympiques et paralympiques du 15 avril dévoilé ce mardi par Le Monde, il est indiqué que « l’Etat ne peut se satisfaire de l’ampleur de ces défaillances ». « Le document préconise une reprise en main des opérations par l’Etat afin de sécuriser la cérémonie, écrit Le Monde. Une décision politique qui n’aurait pas encore été formellement actée. »



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