Joueurs du XV de France accusés de violences sexuelles : Grill pointe « des incohérences » dans le dossier


Le président de la Fédération française de rugby Florian Grill souhaite « que la justice aille vite », comme il l’a expliqué à l’AFP après les arrestations de deux joueurs du XV de France, accusés de viol en Argentine. Les deux rugbymen impliqués, Oscar Jegou et Hugo Auradou, ont été transférés dans la journée de mercredi à Mendoza, où le XV de France avait affronté l’Argentine samedi.

Ils y ont été placés en garde à vue après qu’une jeune femme les a accusés de l’avoir violée et « sauvagement battue » dans leur hôtel de Mendoza. « Ils ont une version assez différente. On a creusé avec un avocat et on arrive finalement à des informations qui semblent quand même questionner beaucoup la version qui a été largement diffusée dans les médias argentins. Nous, on n’est pas juges, on n’est pas enquêteurs mais on pense qu’il faut quand même que la justice argentine regarde le dossier très très rapidement », a expliqué Grill.

« Il y a beaucoup d’incohérences dans cette affaire qui nous semblent devoir être revues par la justice », a ajouté le dirigeant. « Nous sommes allés voir, aujourd’hui (mercredi, NDLR), à Mendoza, un bras droit de la procureure et la personne en charge du dossier: l’avocat a pu exposer plusieurs points qui questionnent sur la déclaration initiale et qui vont mettre en cause plusieurs déclarations. »

Le deuxième ligne de Pau Hugo Auradou, 20 ans, et le troisième ligne de La Rochelle Oscar Jegou, 21 ans, sont donc entendus dans le cadre de l’enquête ouverte pour violences sexuelles. En droit argentin, cela peut caractériser des faits allant de l’agression sexuelle jusqu’au viol aggravé qui pourraient être passibles de 20 ans de prison.

« Nous, ce qu’on souhaite maintenant, c’est que les choses aillent vite, ne serait-ce que pour les mettre en résidence à Mendoza… C’est un processus de décision qui dure entre cinq et vingt-cinq jours », a-t-il poursuivi. « Il y a deux choses: soit ils sont coupables et il n’y a pas de soucis, on accepte les sanctions. Ou ce n’est pas le cas et, dans ce cas, même cinq jours, c’est trop! On respecte la justice argentine mais il faut que les choses aillent vite », a encore affirmé Grill.

Selon l’avocate de la plaignante, il s’agit bien d’un viol accompagné de violences. « La chose la plus grave qui a été constatée est un hématome au niveau de l’œil, la conséquence d’un coup de poing, nous a-t-elle expliqué. Il y a aussi des traces de coups au visage, au menton, sur la poitrine, les fesses, le dos, des traces de morsure, de griffures, des coups au niveau des jambes. Plus de huit prélèvements ont été effectués pour déterminer s’il y a eu un abus sexuel par pénétration. On attend les résultats. »



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