La Petite humeur de la semaine : du Mozart de la finance au Carlos de la politique…



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La Petite humeur de la semaine pose un autre regard sur un élément d’actualité, un fait de société, une personnalité marquante… Avec mordant, ironie, sympathie, tendresse ou humour, en évitant tant que possible la méchanceté gratuite, l’idée est de vous amuser et, à l’occasion, apporter une réflexion avec une pointe d’irrévérence et de malice sans se prendre au sérieux.

La Petite humeur de la semaine : du Mozart de la finance au Carlos de la politique…

Alors celle là on ne l’avait pas vu venir ! Une dissolution ! Il n’y aurait pas un petit côté mauvais perdant… ou kamikaze chez Emmanuel Macron ? Ou alors c’était soirée BDSM à l’Élysée et autant partager le délire à toute la France. D’accord, il nous fallait quand même avaler la victoire de l’extrême droite, en se « consolant » de partager la honte avec d’autres pays, mais nous allions basculer gentiment, avec la même habituelle légèreté amnésique, dans l’été. Euro de foot, Tour de France, Jeux olympiques et paralympiques, des événements parsemés sans doute malheureusement de quelques catastrophes climatiques, jusqu’à la rentrée scolaire et sociale et nous basculerions ensuite progressivement sur les Municipales avec en perspective les Présidentielles au gré de l’actualité.

Et non ! Voilà qu’on nous colle des élections législatives les 30 juin et 7 juillet. Alors la liste de la majorité présidentielle prend une branlée par l’extrême droite donc Monsieur renverse la table en envoyant bouler les députés pour renouveler l’Assemblée nationale. Mais c’est quoi cette idée ??? La semaine des commémorations des 80 ans du Débarquement, voir l’extrême droite défiler à Strasbourg et Bruxelles confinait déjà d’une ironie crasse, mais qu’Emmanuel Macron lui lance des journées portes ouvertes à l’Assemblée nationale dépasse l’entendement. Au soir d’une élection européenne où, selon les interprétations, une majorité d’électeurs ont sanctionné le gouvernement, que le président leur dise quelque part qu’ils ont raison est une première en deux mandats. C’eut été mieux de le faire plus tôt comme durant la réforme des retraites par exemple… Vu qu’il n’y a pas de 49-3 lors d’une élection, et que de toute façon Emmanuel Macron ne peut pas postuler à un troisième mandat, il tente donc une coup de poker façon pompier pyromane. Tapis pour les trois ans à venir en tenant un bâton de dynamite en face d’une flamme. Et dire qu’à un moment il était question de faire barrage à l’extrême droite… vivement que l’on nous explique la stratégie parce que visiblement il y a eu quelques loupées. On nous a vendu le Mozart de la finance, dont la flute n’est pas si enchantée, aurait-on affaire au Carlos de la politique ? Le chanteur pas le terroriste. Quoique avec la bombe que représente cette dissolution en forme de Big bisou à Marine Le Pen…

Ou alors il y a un coup de génie, que l’on ne perçoit pas encore, à transformer une élection européenne à un seul tour aux répercutions relatives, en élection nationale à trois tours indirects avec pour la première fois l’extrême droite aux portes de Matignon. Ce premier tour alternatif pourrait-il être un électrochoc pour la moitié des Français qui n’ont pas voté ? La décision d’Emmanuel Macron leur donne au moins l’occasion de s’exprimer le 30 juin. Et qu’ils ne disent pas qu’ils ne seront pas représentés. Il n’y aura certainement pas 38 candidats dans chaque circonscription, mais ils ne devraient pas manquer. Par contre, il va falloir faire vite pour ces derniers. Même très vite ! Et surtout à gauche, principal bloc à pouvoir concurrencer celui d’extrême droite à moins d’une union entre Macronistes et Républicains, où les discussions devront être rapides et efficaces. Être capable de bien analyser la situation pour réaliser en quelques jours une union qui aurait dû prendre plusieurs mois d’ici la Présidentielle 2027 en cicatrisant, façon miracle de Lourdes, des plaies ouvertes durant la campagne des Européennes et par la suite réussir à appliquer localement des alliances nationales… bon courage !

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À ces Législatives à haut risque pouvant changer beaucoup de choses politiquement et marquer l’Histoire du pays, les partis seront-ils au rendez-vous et à la hauteur comme ils auraient dû l’être depuis 2002 et un second tour entre Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac ? Il y a peut-être d’ailleurs dans cette dissolution un hommage caché à l’ancien président. Alors, si c’est le cas et qu’Emmanuel Macron voulait laisser une trace emblématique, il aurait pu préférer, tel l’enjambement d’une borne de métro, son saut promis dans la Seine dans quelques semaines. Un bain au final aujourd’hui peut-être moins risqué que celui dans lequel il s’apprête à plonger la France.

Billet écrit dimanche soir pour publication dans l’hebdomadaire Métropolitain.

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