« Les formules des cosmétiques, c’est un secret de polichinelle » : les Bénéfiques innovent en toute transparence


Participer à l’élaboration, et dans une moindre mesure à la fabrication de ses cosmétiques est désormais possible en rejoignant la communauté Les Bénéfiques. Nathalie Bovis et Melinda Briant sont à l’origine de cette démarche en open source. Elles ont installé leur laboratoire et leur unité de fabrication de shampoing, de dentifrice, de pain de douche et de déodorant à Tillières-sur-Avre (Eure). « Parce qu’il n’est pas normal de ne pas savoir ce que nous nous mettons sur la peau chaque jour, nous avons créé les premiers cosmétiques open source », expliquent les deux entrepreneures. « Le principe est simple : nous vous donnons nos formules au gramme près. »

En pratique, chaque emballage carton ou flacon en verre arbore ainsi les grammages précis des composants. « Nos cosmétiques ne contiennent pas plus de six composants au total », précisent encore les fondatrices de la marque. « Ils sont tous bio sourcés, et en majorité en provenance du territoire français : quatre composants sur six sont d’origine française. »

Avec la collaboration des clients

La démarche de transparence s’incarne aussi dans le rôle que jouent les membres de la communauté Les Bénéfiques : « Nous associons étroitement les gens, les consommateurs à l’élaboration des recettes de nos produits, affirment les deux créatrices de la marque Les Bénéfiques. Ils nous renseignent par exemple sur les parfums qu’ils souhaitent, la menthe en l’occurrence, dans des produits comme le dentifrice. Mais aussi certains testent les produits. Ils sont une cinquantaine à chaque fois. Ils nous font part de leurs remarques et nous faisons ainsi évoluer nos produits », expliquent les entrepreneuses.

Elles insistent aussi sur le fait que cette démarche permet de limiter l’utilisation de produits plus ou moins dangereux pour la santé : « Il est à noter que nos pains de shampoing ou de savon ne contiennent ni sulfates ni silicone, nos déodorants sous forme de crème sont sans aluminium et sans alcool. Et le dentifrice est sans fluor et sans bicarbonate. Ce type de collaboration de coconstruction des produits est vertueuse, dans la mesure où elle répond aux réels besoins de nos consommateurs. »

Alors qu’elles ont lancé leur activité en novembre 2023, elles comptent, sept mois plus tard, environ 4 000 membres au sein de leur communauté. Des membres qu’elles considèrent « comme presque autant de collaborateurs ».

Bientôt en pharmacie

Cette démarche marque une rupture avec les schémas traditionnels du marketing, de la distribution et de la consommation. Toujours est-il qu’elle n’est pas passée inaperçue. Nathalie Bovis et Melinda Briant sont en effet lauréates en 2024 du prix 101 femmes entrepreneures, pour le département de l’Eure. « Les formules des cosmétiques, c’est un secret de polichinelle », soulignent-elles. « Inutile de ce fait de cacher ses recettes : cela ne sert pas à se protéger de ses concurrents, mais en revanche des consommateurs. » C’est bien sur ces questions de transparence et d’open source que les deux femmes, qui se sont rencontrées comme collègues de travail, se sont retrouvées et ont créé Les Bénéfiques.

Pour l’heure la jeune société propose ses produits uniquement sur Internet. Elle cherche aussi à étendre son réseau de distribution physique, dans des pharmacies notamment, en Normandie mais aussi en région parisienne. L’étape suivante, à horizon 12 à 18 mois, consistera en un agrandissement du laboratoire de Tillières-sur-Avre et l’embauche de plusieurs collaborateurs. Une recette en toute transparence et des composants qui fleurent bon le début de réussite.



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