Loire. De spectaculaires costumes de scène à la maison des Tresses et Lacets


Une pièce de théâtre réussie naît de la subtile rencontre entre le texte, la mise en scène et le jeu des acteurs. Mais ce serait réducteur de ne considérer que cela. La musique, les décors et les costumes aussi sont fondamentaux.

Le costume ajoute du sens au personnage qu’il habille, apporte couleurs et motifs, matières et mouvements, épaisseur et volume. Ceux qu’on découvre à la maison des Tresses et Lacets ont été imaginés et réalisés par Laurence Chapellier, professeur d’arts appliqués à Paris, au lycée des Métiers de la mode.

Des spectacles joués dans des lieux prestigieux

Elle a également œuvré au sein du Palais Galliera (musée de la Mode et du Costume de Paris) et du musée des Arts décoratifs de Paris. Elle a travaillé pour des metteurs en scène et des chorégraphes dont les spectacles ont été joués dans des lieux prestigieux comme l’Opéra de Paris.

Ces costumes sont le fruit d’une créativité immense, d’une délicatesse rare et d’un travail titanesque. Merveilles de métissage, entrelacs multiculturels aux influences ethniques marquées, brodés, remaniés, ornementés, ils nous emportent dans un imaginaire très fort.

Tous ont joué dans des pièces comme Georges Dandin (mise en scène de Patrick Schmitt), La Nef des fous ou La Troménie du soleil (mises en scène d’Antoine Juliens). Sans leurs comédiens, ils restent habités, vivent par eux-mêmes et mélangent parfois deux entités, comme un ange et un saint, dans ce costume à robe blanche de vieux drap de coton, au grand manteau et à la cornette blanc crème.

Des portants de métal conçus par un artisan local

Dans une scénographie qui investit l’espace de manière habile, ils sont présentés sur des portants de métal, pièces uniques, conçues par un artisan de Chazelles-sur-Lyon au talent remarquable.

Sur le premier mur, s’alignent, manches ouvertes et lumière sur le cœur, des manteaux de moines tibétains à la ligne épurée. Leur drap de laine s’anime de teintes naturelles et sobres : lie de vin, ocre, terracotta, bleu craie, vert fougère.

Un peu plus loin, deux costumes « afro-aristo-punk », comme les définit Laurence Chapellier, présentent des manteaux aux poils tirés, qui dévoilent de longues jupes brillantes en soie sauvage, surmontées de broderies beiges fixées par des épingles à nourrice, réhaussées de somptueux colliers aux allures africaines.

Au fond, trois tenues aux couches surajoutées et aux couleurs vives nous font voyager quelque part entre la Chine, la Mongolie et l’Extrême-Orient : chaussures brodées, culottes bouffantes, volants, vestons, pardessus, cravates baroques et coiffes-chapkas.

Sorties de scène. Placées, déplacées, Laurence Chapellier. Visible jusqu’au 27 octobre 2024. La maison des Tresses et Lacets, Moulin-Pinte, La Terrasse-sur-Dorlay. Ouverture du mercredi au dimanche de 14 à 18 heures. Tarifs : 7 €, 6 € et 3 €. Informations : 04.77.20.91.06, 06.18.82.35.43, [email protected].



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