Procès du meurtre de Narumi : « Je ne me reconnais pas », Nicolas Zepeda confronté aux images de vidéosurveillance


« Je ne me reconnais pas. » Nicolas Zepada, jugé en appel pour l’assassinat de son ex-petite amie Narumi Kurosaki, était confronté jeudi aux images de vidéosurveillance de la résidence de l’étudiante japonaise, disparue en 2016. Il avait été condamné en avril 2022 par la cour d’assises du Doubs à 28 ans de réclusion criminelle, son procès en appel a débuté lundi devant la cour d’assises de Vesoul (Haute-Saône). Jeudi, il a démenti être la personne cagoulée aperçue à plusieurs reprises sur les images.

Celles-ci ne sont certes pas de très bonne qualité. « La résidence était équipée de vidéosurveillance, mais on s’est rendu compte que leur système était obsolète », a reconnu à la barre David Borne, officier de police judiciaire et chef d’enquête sur la disparition de la jeune femme, à compter du 5 décembre 2016 à Besançon. Dans les jours qui ont précédé, une personne a été filmée à plusieurs reprises rodant à proximité du bâtiment, surveillé par deux caméras, l’une permettant d’observer l’entrée, l’autre l’arrière de la résidence.

Une cagoule avec deux trous pour les yeux

La nuit du 1er décembre, la personne en manteau sombre et jean bleu clair, est aperçue à six reprises entre 00h30 et 07h12 du matin, alors que le campus est désert. On la voit sortir ce qui semble être un téléphone pour prendre une photo. La géolocalisation du véhicule de Nicolas Zepeda permet à l’enquêteur d’affirmer que l’accusé se trouvait alors sur la zone.

« C’est vous ? », interroge Arnaud François, président de la cour. « Je ne me reconnais pas », lui répond l’accusé. « À ce moment-là, vous êtes sur la résidence ? », enchaîne l’avocat général, Étienne Manteaux. « J’avais la voiture garée, je sortais parfois marcher », rétorque Nicolas Zepeda. « Avez-vous marché derrière le bâtiment Rousseau ? », insiste Me Manteaux, agacé. « Je sors marcher, c’est sûr, mais je ne me reconnais pas », insiste l’accusé. Selon l’accusation, Nicolas Zepeda, « maladivement jaloux », a « passé la nuit à épier » Narumi Kurosaki, et l’a suivie au petit matin, lorsqu’elle se rend au centre de linguistique appliquée de Besançon.

Un autre échange similaire a lieu après le visionnage d’une vidéo enregistrée l’après-midi du 2 décembre, cette fois-ci à la lumière du jour. Elle montre une personne en jean et manteau sombre, mais qui porte cette fois-ci une cagoule avec deux trous pour les yeux. Selon la géolocalisation, encore une fois, Nicolas Zepeda est présent dans cette zone. « Monsieur Zepeda, est-ce que ça peut vous correspondre ? », demande le président Arnaud François. « Ce qui m’embête, c’est ce qu’il y a sur sa tête », répond-il.

« J’ai un petit doute sur l’horaire »

À l’occasion d’un autre visionnage, l’accusé se montre plus affirmatif, sans être totalement catégorique. Les images, prises de loin, toujours le 2 décembre, montrent une personne attendre à la porte de la résidence que quelqu’un en sorte pour y entrer, sans qu’il soit possible de dire s’il porte une cagoule. « C’est vrai que je suis rentré dans ce bâtiment », indique Nicolas Zepeda, dans la droite ligne de ses déclarations de la veille, où il reconnaissait être venu à l’intérieur du bâtiment. « Mais j’ai un petit doute sur l’horaire », a-t-il glissé.

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Ses propres avocats, Renaud Portejoie et Sylvain Cormier, insistent pour obtenir une réponse claire, et savoir s’il s’agit bien de lui. « C’est probable », se contente-t-il de répondre. « Là on est deux heures à peu près avant que deux témoins disent avoir vu Nicolas Zepeda dans la résidence », rappelle l’enquêteur, David Cormier.

Le 4 décembre, une caméra a enregistré l’entrée dans la résidence de deux personnes à 22h57. Selon les enquêteurs, il s’agit de Narumi Kurosaki et Nicolas Zepeda, revenant à la chambre de celle-ci après avoir dîné au restaurant. C’est la dernière image connue de l’étudiante japonaise. Cette nuit-là, des « cris de terreur » avaient réveillé plusieurs étudiants de la résidence. Depuis le début, le Chilien conteste toute implication dans la disparition de la jeune femme.



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