« Refus de reconnaître le résultat des urnes » : la lettre d’Emmanuel Macron aux Français largement critiquée


Son silence avait interrogé, sa prise de parole fait réagir. Ce mercredi 10 juillet, Emmanuel Macron a adressé une lettre aux Françaises et aux Français, trois jours après les élections législatives anticipées. Le chef de l’État affirme notamment que « personne n’a emporté » les élections législatives, bien que le Nouveau Front populaire (NFP) soit arrivé en tête, sans pour autant obtenir de majorité à l’Assemblée. Emmanuel Macron appelle également les forces politiques « républicaines » à « bâtir une majorité solide ».

« Unique dans le monde démocratique : le président refuse de reconnaître le résultat des urnes qui a placé le Nouveau Front populaire en tête (…). C’est le retour du droit de veto royal sur le suffrage universel (…). Ça suffit. Il doit s’incliner et appeler le Nouveau Front populaire », a réagi le chef des insoumis Jean-Luc Mélenchon.

« Pas à la hauteur de l’Histoire. Plus seul que jamais, Emmanuel Macron brutalise », abonde Clémence Guetté, qui pourrait être candidate au poste de Première ministre. Le Nouveau Front populaire a obtenu 25,33 % des suffrages et 174 sièges à l’Assemblée nationale, à l’issue des élections législatives. Au sein de cette alliance, la France insoumise (LFI) est la plus représentée avec 71 élus. LFI revendique ainsi la primature, ce qui ne fait pas consensus au sein de l’union de la gauche.

« Cette manière de gouverner, avec arrogance et toute puissance, personne à gauche ne souhaite la reproduire. Qu’il nous laisse travailler, pour changer la vie des gens, un peu, en mieux », a quant à lui déclaré François Ruffin.

« Raisonnable »

Pour l’écologiste Marine Tondelier, « Emmanuel Macron refuse de reconnaître les résultats des élections législatives » et « son déni abîme le pays et la démocratie ». « Ça fait sept ans qu’on nous sert le en même temps à toutes les sauces. Mais on ne peut pas perdre et gagner en même temps. Il faut accepter le verdict des urnes du 1er et du 2nd tour de l’élection. Emmanuel Macron a décidé seul de cette dissolution. Qu’il tire maintenant les conséquences de son résultat. », développe-t-elle.

Du côté du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella juge qu’Emmanuel Macron « organise la paralysie du pays en positionnant l’extrême gauche aux portes du pouvoir, après d’indignes arrangements ». Depuis l’annonce des résultats, le parti d’extrême droite continue de revendiquer la victoire, s’appuyant sur le nombre de voix plus que le nombre de sièges.

« Ce cirque devient indigne », a réagi Marine Le Pen sur X. « Si je comprends bien, dans sa lettre, Emmanuel Macron propose de faire barrage à LFI qu’il a contribué à faire élire il y a trois jours et grâce à qui les députés Renaissance ont été élus, il y a également trois jours », écrit-elle sur le réseau social.

À l’inverse, Christian Estrosi a salué le positionnement du président de la République. « L’appel d’Emmanuel Macron aux forces républicaines est la seule chose raisonnable à faire pour éviter au pays de sombrer dans la ruine avec le projet mortifère de LFI », a-t-il déclaré dans un post publié sur X. « Les députés de l’arc républicain sont en capacité de débloquer la situation. Nous le faisons déjà dans nos mairies », a poursuivi le maire (Horizons) de Nice.

Pour l’heure, Gabriel Attal occupe toujours le poste de Premier ministre, sur demande d’Emmanuel Macron. Le chef de l’État a affirmé que le nouveau locataire de Matignon serait nommé une fois que les groupes seront définitivement formés à l’Assemblée.





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