Restaurée, la croix du chevet de Notre-Dame de retour dans le ciel de Paris


Une étape de plus dans la réhabilitation du site le plus visité au monde. Après l’incendie d’avril 2019 ayant ravagé la cathédrale Notre-Dame, ses éléments sont petit à petit remis en place. Seul élément de la couverture du chœur ayant survécu aux flammes – en tombant très tôt de la toiture, elle a évité les flammes les plus chaudes -, la croix du chevet a retrouvé sa place au sommet de l’abside. De douze mètres d’envergure et de deux tonnes, cette somptueuse œuvre de Viollet-le-Duc, faite de fer et finement ornée de sculptures dorées, remplace désormais le bouquet de boisement anciennement en place.

Symbolisant la fin de la reconstruction de la charpente du chœur, elle a été restaurée à l’identique par une ferronnerie d’art normande, Fer Art Forge, durant plus d’un an et demi. Une fin que Philippe Jost, président de l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, voit arriver avec bonheur : « Cela renforce notre détermination ». « C’était une épreuve, ajoute Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques. Je fais le parallèle avec les futurs Jeux olympiques : pour gagner, il faut faire le mieux possible. »

Une cérémonie marquante

Mais avant la levée de la croix, une cérémonie religieuse a été célébrée par Monseigneur Olivier Ribadeau Dumas, recteur-archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Durant sa cérémonie, s’apparentant à une messe, il rappelle l’aspect religieux de Notre-Dame. « Une fois que la croix sera placée au sommet du chevet, précise l’archiprêtre, on comprendra que la cathédrale est un lieu de culte, et non un musée. » Mais il souligne également : « C’est un lieu d’amour, un lieu d’accueil pour tous ! »

La croix a pu survivre au feu en tombant très tôt de la toiture, évitant les flammes les plus chaudes.
La croix a pu survivre au feu en tombant très tôt de la toiture, évitant les flammes les plus chaudes. LP / Fred Dugit

Après la bénédiction, les ouvriers se mettent en œuvre. Dans une cabane, le grutier, armé d’une caméra et de ses commandes, dirige précautionneusement la croix. Durant 45 minutes, elle flotte à plusieurs mètres du sol, oscillant avec le vent. Puis, elle rejoint lentement la charpente de l’abside, où l’attendent les employés d’UTB, l’entreprise de bâtiment chargée du projet. Avec une minutieuse précision, grutier et ouvriers travaillent de concert pour paisiblement encastrer les pieds de la croix sur le toit.

La réouverture se rapproche

Une fois vissée à la charpente, les applaudissements retentissent dans les rues voisines. Vincent Combe, responsable du projet chez UTB, est soulagé. « On a toujours une pression quand l’ouvrage approche, affirme-t-il d’un air satisfait. On connaît chacun des détails de la pièce mais on ne sait jamais. » Effectivement, toutes les professions impliquées connaissaient par cœur leur travail. Charpentiers, ferronniers et couvreurs, ils étaient une vingtaine sur le toit pour la pose, mais étaient plus de trente durant la restauration. « Il y avait une réelle unité entre tous les corps de métier du BTP, indique Philippe Jost. Ce sont des métiers d’excellence où chacun peut trouver son épanouissement. »

La prochaine étape sera la rénovation des crêtes de faîtage et l’enlèvement des échafaudages du chœur avant les Jeux olympiques de Paris. « Il y a un bon avancement des couvertures, c’est la dernière ligne droite ! » se réjouit celui qui préside Rebâtir Notre-Dame. Des avancées certaines, alors que la réouverture au public est annoncée dans moins de 200 jours, le 8 décembre 2024.



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