Séisme en Turquie : les images déchirantes d’un père veillant sa fille racontées par le photographe


Mesut Hancer, père de famille turque, a été immortalisé par un photographe de l’AFP, ne quittant pas la main d’Irmak, sa fille de 15 ans décédée et ensevelie sous les décombres dans la ville de Kahramanmaraş (Turquie). Ces photos disent tout du profond désarroi des familles à la recherche de survivants dans les décombres.

1. Aucune équipe de secours n’étant encore arrivée sur place quand cette photo a été capturée

AFP/ Adem Altan

Adem Altan, photographe de l’AFP, travaillait devant un immeuble effondré de Kahramanmaras, à l’épicentre du séisme qui a fait plus de 21 700 morts en Turquie et en Syrie, lorsqu’il a aperçu l’homme assis dans les décombres. Aucune équipe de secours n’étant encore arrivée sur place mardi, au lendemain du désastre, les habitants tentaient eux-mêmes de dégager les ruines pour sauver leurs proches.

2. Immobile au milieu du tumulte, insensible à la pluie et au froid

AFP/ Adem Altan

L’homme en veste orange restait immobile au milieu du tumulte, insensible à la pluie et au froid. Adem Altan s’est alors rendu compte que l’homme, à 60 mètres de lui, tenait une main dans la sienne. Il a commencé à « photographier » la scène : le père tenant la main de son enfant morte sans la lâcher, dans les décombres et la dévastation. Pendant qu’il prenait les photos, l’homme le suivait des yeux.

3. Pendant que le photographe Adem Altan prenait des photos, l’homme le suivait des yeux

AFP/ Volkan Nakiboglu

« Prends des photos de mon enfant », a-t-il murmuré en direction d’Adem, la voix cassée et tremblante. « J’étais tellement touché à ce moment-là. J’avais les larmes aux yeux. Je me disais sans cesse, « Mon dieu, c’est une douleur insupportable », raconte le photographe. Adem lui a demandé alors son nom, ainsi que le nom de son enfant.

4. « Ma fille s’appelle Irmak »

AFP/ Adem Altan

Le photographe a discuté avec le père de famille pour connaître son identité et le prénom de sa fille. « Ma fille s’appelle Irmak », a répondu le père. « Il parlait difficilement, à voix très basse. C’était difficile de lui poser davantage de questions alors que les habitants, autour, demandaient aux gens de rester silencieux pour pouvoir entendre les voix des survivants éventuels coincés sous les décombres », raconte le photographe.

5. L’image qui résume la douleur des victimes du séisme

AFP/ Adem Altan

À ce moment-là, le photographe a tout de suite pensé que l’image résumait la douleur des victimes du séisme. Sans imaginer l’impact qu’elle aurait. Reprise en une par la presse du monde entier, elle est aussi devenue virale sur les réseaux sociaux, partagée des centaines de milliers de fois par des internautes bouleversés.

6. « Je pense que c’est une photo qui restera gravée dans les mémoires »

AFP/ Adem Altan

Adem Altan, le photographe de l’AFP, a reçu des milliers de messages du monde entier exprimant leur solidarité et leur émotion face au chagrin de ce père orphelin. « Je pense que c’est une photo qui restera gravée dans les mémoires. Beaucoup m’ont dit qu’ils n’oublieront jamais cette image », confie-t-il. Lui non plus.



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