Sophie Adenot dans l’ISS en 2026 : « Avec ma famille, on est hyper soudé dans cette aventure-là »


Il est 9h40 à Houston, Texas, et à travers l’écran, Sophie Adenot irradie l’énergie des matins qui chantent. Au lendemain de l’annonce de son assignation à un vol vers la Station spatiale internationale (ISS) en 2026, la Française est revenue ce jeudi 23 mai, dans une conversation en visioconférence, sur cette décision de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui fera d’elle la deuxième femme du pays à rejoindre l’orbite terrestre, après Claudie Haigneré.

« Je suis hypercontente. C’est vraiment chouette. C’est plein d’émotions différentes, parce que c’est déjà un honneur de représenter la France et l’Europe dans l’espace et en même temps, c’est beaucoup de joie, parce que ça fait 30 ans que j’en rêve de ce truc-là ! », témoigne l’ingénieure et colonel de 41 ans.

Arrivée aux États-Unis la semaine dernière, Sophie Adenot — comme son collègue belge Raphaël Liégeois lui aussi promis à un départ en 2026 — a déjà débuté l’entraînement spécifique à sa mission. « Ça commence plein pot ! Ce sont vraiment des cours dans la continuité de ce qu’on avait fait à Cologne (dans le centre des astronautes de l’ESA) pour apprendre les systèmes de l’ISS. »

« La préparation des familles est aussi importante que la préparation de l’astronaute »

Dans les locaux du Centre spatial Lyndon B. Johnson de la Nasa, Sophie Adenot a notamment commencé à se former aux sorties extra-véhiculaires, ces longues séquences de plusieurs heures que les astronautes passent à l’extérieur du vaisseau. Le scaphandre étant lourd et inconfortable, la quadragénaire « fait beaucoup d’exercice de musculation du haut du corps » pour faire les tâches qui lui seront demandées.

Et pas question d’oublier un membre : « La première chose que je me suis achetée quand je suis arrivée aux États-Unis, c’est un petit truc pour se muscler les mains utilisé par les grimpeurs ! On travaille la force de chaque doigt. »

Avant de s’envoler pour l’espace, elle devra aussi prendre l’avion de nombreuses fois pour recevoir des enseignements propres aux divers instruments de la station. « Beaucoup au Canada, au Japon, en Europe… Elle va passer un bon quart de son temps en dehors des États-Unis », prédit Jean-François Clervoy, ingénieur et ancien spationaute de l’ESA. « Il faut voyager souvent le week-end. Pour la famille, c’est dur », poursuit le PDG de la société Novespace.

Sophie Adenot est consciente de la nécessaire « agilité » qui va s’imposer aux siens. « C’est un peu dans la continuité de ce que je faisais quand j’étais pilote au sein de l’Armée de l’air et de l’espace. J’avais très souvent des missions qui me menaient hors de chez moi, parfois sur d’autres continents », rappelle-t-elle. « Je peux vous assurer que tout le monde est hyper soudé dans cette aventure-là. »

Il n’est pas prévu que son conjoint et son fils âgé d’une dizaine d’années s’installent durablement à Houston : « Chaque mois d’entraînement est différent. On découvre le planning au fur et à mesure, donc on apprend cette agilité. C’est une forme de nomadisme finalement où l’on passe de continent en continent avant de passer autour de la Terre. Pour l’instant, on est vraiment dans l’appréhension de la situation. On n’a pas encore fixé les valises quelque part et on ne va pas les fixer. Ça va être une série d’aventures pour tout le monde. » Celle qui est aussi prof de yoga en profite pour glisser le mantra d’une de ses collègues américaines : « La préparation des familles est aussi importante que la préparation de l’astronaute elle-même. »



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