Un feu « maîtrisé mais pas éteint » : ce que l’on sait de l’incendie qui a touché la flèche de la cathédrale de Rouen


L’impressionnante colonne de fumée, qui s’est échappée du lieu de culte, a surpris les Rouennais. Un début d’incendie a commencé ce jeudi « sur la flèche de la cathédrale de Rouen », a indiqué vers midi sur le maire de la ville Nicolas Mayer-Rossignol. Peu avant 14 heures, les pompiers ont finalement indiqué que le feu était « maîtrisé » mais sans garantie qu’il soit « éteint » à ce stade. Des « équipes spécialisées » sont aussi toujours sur le pont pour protéger des œuvres qui pourraient être abîmées par les « projections d’eau » des soldats du feu.

Que s’est-il passé ?

C’est l’édile (PS) de la commune normande qui a annoncé que les flammes avaient commencé à ravager la flèche de la cathédrale Notre-Dame. Nicolas Mayer-Rossignol a signalé à 12h15 que l’origine de l’incident était « inconnue à ce stade » et que « tous les moyens publics (étaient) mobilisés », demandant aux habitants de « faciliter leur intervention ».

La préfecture de Seine-Maritime a indiqué à l’AFP peu après que « l’incendie s’est déclaré au sommet de la flèche, qui n’est pas en bois mais en métal, actuellement en travaux pour restauration ». Sur X, elle a précisé que la cathédrale « a été évacuée » et que les secours étaient « sur place », tandis qu’un « périmètre de sécurité » a été tracé.

Les autorités ont ainsi demandé aux habitants d’« éviter le secteur » et « ne pas encombrer les lignes de secours ». Elles ont indiqué au site Actu.fr qu’aucun blessé n’était à déplorer à ce stade.

Le SDIS76 fait quant à lui état d’une alerte donnée à 12 heures, déclenchant le déploiement d’une quarantaine d’engins et quelque 70 pompiers au total. « Nous sommes sur une zone de chantiers », a rappelé devant la presse le directeur départemental du SDIS76, Stéphane Gouezec. Les pompiers ont précisé que quatre ouvriers étaient présents lors de l’incendie, dont trois ont été pris en charge pour inhalation des fumées, rapporte France 3 Régions.

Les efforts des soldats du feu ont rapidement payé, mais la situation reste sous haute surveillance. Peu avant 14 heures, Stéphane Gouezec a indiqué à l’AFP que l’incendie a finalement été « maîtrisé », « mais à l’heure actuelle nous n’avons pas l’assurance qu’il soit éteint », en précisant que le feu ne sera déclaré « éteint » que lorsque les pompiers auront fait « la reconnaissance de tous les points chauds ».

De son côté, le préfet de Normandie et de la Seine-Maritime a confirmé dans un message sur son compte X vers 14 heures que « le feu est circonscrit », et que les pompiers « poursuivent une surveillance active de l’édifice religieux ».

L’archevêque de Rouen Dominique Lebrun a quant à lui partagé sa « grande satisfaction » de voir que « les ouvriers sont sains et saufs et dans de bonnes conditions », cité par Actu.fr. Le feu s’est déclenché « à un endroit où les ouvriers se décontaminent quand ils sortent des travaux », a-t-il ajouté, exprimant une « grande émotion pour le personnel de l’archevêché et pour la population ».

Comment l’incendie a-t-il évolué ?

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses photos et vidéos de la flèche entourée d’un panache noir de fumée ont commencé à circuler dès midi, notamment publiées par le journaliste de Paris-Normandie Jérémy Chatet.

En travaux actuellement, la flèche était protégée par des grandes bâches blanches depuis plusieurs semaines, a précisé France Bleu. L’incendie semble être parti de la plateforme de travaux, d’après la radio locale, qui indique que la fumée a commencé à se faire moins épaisse à compter de 12h30. L’accès à la place de la Cathédrale a été bloqué, selon la radio locale, tandis que plusieurs habitants se sont regroupés au pied de l’édifice pour observer l’intervention des soldats du feu.

Le journaliste d’Actu.fr Julien Bouteiller a également signalé sur le réseau X que les flammes ont « créé un trou béant dans la bâche » qui recouvre une partie de la flèche.

Le journaliste a lui aussi constaté que la fumée s’est faite progressivement « moins intense » autour de la bâche blanche. Plusieurs photos partagées par des internautes ont également suggéré que le panache de fumée, virant du noir vif au grisâtre, commençait à se dissiper. Aux alentours de 13h40, plus aucune fumée n’apparaissait à l’horizon, selon les images partagées.

Comment les pompiers sont-ils intervenus ?

Les secours ont déployé un drone pour survoler le site, ont rapporté les médias locaux. Les pompiers sont parvenus à rallier directement sur la flèche via un ascenseur, a montré sur X un autre journaliste d’Actu.fr, Fabien Massin.

Les soldats du feu ont réussi à « faire jonction » avec les ouvriers présents sur le chantier avant de commencer des « manœuvres complexes », à savoir une « alimentation en eau à travers les colonnes sèches présentes sur la cathédrale », a expliqué le directeur départemental du SDIS76.

« Les éléments qui étaient en combustion à notre arrivée sont des éléments de plastique de chantier », a ajouté Stéphane Gouezec. Le « potentiel calorifique » de ces éléments, autrement dit la quantité de chaleur qui pourrait s’en dégager, « est relativement réduit », l’ensemble de la structure étant métallique : « les seules parties pouvant brûler de manière notable sont des planchers et des bases de travail », que les pompiers cherchent désormais à préserver, a-t-il complété.

Des « équipes spécialisées dans la préservation des biens mobiliers » sont aussi à pied d’œuvre, la cathédrale étant un « bien patrimonial de très haute valeur », a déclaré de son côté le préfet de Seine-Maritime Jean-Benoît Albertini devant la presse, filmé notamment par BFMTV.

« Des sapeurs-pompiers spécialisés issus du département de l’Oise sont en train de nous rejoindre, après un inventaire en cours sur des œuvres qui pourraient être concernées par des ruissellements secondaires d’eau », a-t-il précisé. « Il se peut (…) que nous ayons à mettre l’abri un certain nombre d’œuvres qui pourraient éventuellement recevoir des projections d’eau », « une mesure de prévention », a ajouté le représentant de l’État.

Le ministère de la Culture a écarté quant à lui tout « risque d’effondrement » de l’édifice et indiqué qu’une évaluation était en cours pour savoir à quel point l’eau utilisée par les pompiers a pu endommager « deux œuvres d’art » et si celles-ci doivent être ou non évacuées.

Que sait-on des origines du sinistre ?

Les circonstances de l’incident sont encore à éclaircir mais il est d’ores et déjà certain que l’incendie a touché essentiellement des plastiques du chantier en cours sur la flèche de la cathédrale, ont expliqué les pompiers, qui ont aussi indiqué que ce sont les ouvriers du chantier qui ont signalé la zone du sinistre.

La « base de travail » des soldats du feu, où ils sont intervenus pour maîtriser les flammes, se situait à « à peu près 120 m de hauteur sur la cathédrale », tandis que la « base du chantier » se trouvait « un peu plus bas », a expliqué Stéphane Gouezec.

Construite en plein cœur de la ville, la cathédrale Notre-Dame de Rouen est un monument de l’art gothique, entreprise au milieu du XIIe siècle, elle fut achevée un siècle plus tard mais réellement terminée au cours des siècles suivants, selon l’office du tourisme de la ville. Les travaux en cours durent depuis 2017 et ont été dotés par le plan de relance, selon la direction régionale des affaires culturelles de Normandie.

Selon Paris-Normandie, un incendie s’était déjà déclaré il y a deux siècles, au niveau de cette même flèche. De nombreux témoins de l’incendie, interrogés par la presse locale, ont aussi rapidement fait le lien avec l’incendie de Notre-Dame de Paris qui avait ravagé l’édifice parisien le 15 avril 2019.





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