« Un peu ému et vraiment soulagé » : Michel Godard, directeur du Creps d’Île-de-France, est sur le départ


En septembre, Michel Godard, directeur du Centre de ressources, d’expertise et de performance sportive (Creps) d’Île-de-France, à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), prendra sa retraite. Cet ancien handballeur professionnel, qui a passé huit ans à la tête du Creps, a connu nombre d’évènements : passage sous le giron de la Région, l’annexe du lycée Emmanuel-Mounier ou encore l’accueil de délégations ukrainiennes. Il a accepté de revenir dessus pour notre journal.

Qu’est ce qui a changé depuis votre arrivée à la direction du Creps ?

MICHEL GODARD. Le Creps était en difficulté, budgétaire mais aussi au niveau des activités. Or sans projet, pas de financement. En 2016, le Creps est entré dans le giron du conseil régional au niveau du patrimoine, de l’entretien, la maintenance et l’accueil. La Région a investi des sommes énormes et tout a changé. L’État a aussi mis la main à la poche à hauteur de 6,4 millions d’euros. Ces financements massifs ont permis d’investir dans la formation et le médical.

Quelles ont été vos priorités ?

Quand on a l’argent tout devient facile. Ces dernières années, on a renforcé le pôle médical et paramédical avec 24 personnels contre 6 en 2016. On a aussi amélioré les conditions d’entraînement avec davantage de matériel et d’assistance, le recours aux nouvelles technologies. Enfin, le dernier élément, ce qui me tient peut-être le plus à cœur : le volet scolarité, avec l’annexe du lycée Emmanuel-Mounier depuis septembre 2023. Aujourd’hui cette annexe compte six classes et deux de plus à la rentrée prochaine. Ce dispositif est unique en France. Nous nous sommes inspirés de ce qui a été mis en place par l’Opéra de Paris dont l’école est située à Nanterre. L’entraînement, le médical et la scolarité : ce sont, à mes yeux, les trois piliers du haut niveau.

Quel est votre souvenir le plus marquant de ces huit années ?

Il y a cette annexe du lycée : c’est mon bébé, j’y pense depuis 30 ans. Mais sinon, je me souviendrai longtemps de la première visite d’une délégation ukrainienne, il y a deux ans. En juin 2022, un petit groupe de nageurs handicapés était arrivé de la région de Kiev. D’autres sont venus depuis et nous accueillons une délégation ukrainienne de beach-volley en juillet. Je suis aussi satisfait que le Creps ait pu aider Oksana Kozyna, une joueuse de para-badminton, à se préparer et se qualifier pour les JO. L’impact des JO est énorme mais c’est ce qui suit qui compte vraiment. Ils auront été un exceptionnel levier pour faire aboutir nos projets. Sans les JO, ces opérations auraient pris plus de temps voire n’auraient peut-être pas été concrétisées. Je pense avoir réussi sa transformation. Alors oui, je suis un peu ému et vraiment soulagé. Je quitte le Creps serein. Place à mon successeur.



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