Un professeur de l’université de Bordeaux mis en examen pour viol


L’enseignante et philosophe Barbara Stiegler affirme dans une plainte avoir été violée et avoir subi du harcèlement sexuel en mai 2020 ou encore des faits d’agressions sexuelles entre 2017 et 2020 de la part d’un professeur, ancien vice-président de l’université de Bordeaux-Montaigne. Au cours de la soirée, ce professeur de philosophie se serait jeté sur elle, lui imposant une pénétration digitale. « Nous avions un fonctionnement très familial. C’était comme un inceste que j’avais subi. Si je parlais, tout allait exploser. J’étais tétanisée. Sidérée », avait-elle expliqué en novembre 2023 dans les colonnes de l’Humanité.

Une information judiciaire a été ouverte pour « viol, agression(s) sexuelle(s) et harcèlement sexuel » a confirmé le parquet après une information du journal Sud Ouest. Le professeur a été mis en examen pour viol et placé sous contrôle judiciaire.

Cette information judiciaire a été ouverte en février à la suite de cette plainte avec constitution de partie civile déposée l’an dernier par l’enseignante-chercheure en philosophie.

Une première enquête avait été classée sans suite en avril 2023. Barbara Stiegler affirme avoir été violée lors d’une soirée à son domicile en mai 2020, ce que le mis en cause conteste. En outre, une dizaine d’étudiantes avaient aussi dénoncé les comportements de ce professeur. Dans l’Humanité, une étudiante avait raconté que dans le cadre de la préparation d’un projet de recherche, elle s’était rendue chez lui pour des séances de travail. « Il m’accueillait entièrement nu. » D’abord en état de sidération, l’étudiante décide par la suite de mettre fin à son projet.

Elle avait informé la direction de l’UFR fin 2021 et la cellule de signalements de l’université avait été avisée des faits présumés en juin 2022. Après une suspension d’un an en 2022/2023, le temps d’une enquête administrative, le professeur concerné a interdiction d’enseigner pendant un an depuis le 1er février 2024. Cette sanction a été prise par la commission disciplinaire de l’université de Toulouse-Capitole, où la procédure avait été dépaysée.

En revanche, cette décision n’a pas sanctionné les faits de viol dénoncés, qui n’ont pas pu être « matériellement » établis selon la section disciplinaire, mais vise des faits de « nudité imposée dans le cadre de réunions de travail comme dans le cadre privé ». Un point que le mis en cause ne conteste pas.



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