Une réplique du trône de Bokassa sera vendue aux enchères en Indre-et-Loire


La vente aux enchères organisée au château d’Artigny à Montbazon (Indre-et-Loire) dimanche 19 et lundi 20 mai s’annonce exceptionnelle. Entre notamment la dernière œuvre de Renoir et le célèbre scooter de François Hollande, une réplique à taille réelle du controversé trône de Bokassa, dévoilé lors de son sacre en 1977, sera à acheter au prix de départ de 10 000 euros. L’original, réalisé à la fonderie Fondica de Gisors (Eure), avait coûté 2,5 millions de dollars…

« C’est grâce à des témoignages d’anciens employés et responsables de la fonderie, d’images et de vidéos d’archives que nous avons réussi à recréer dans nos ateliers d’ébénisterie à Château-Thierry dans l’Aisne cette unique réplique en acajou massif du trône de Bokassa à taille réelle. Doré à la feuille d’or, il mesure 3 m de haut, 3,5 m de large et un mètre de profondeur. Il est en quatre parties sans l’estrade. Une grande taille qui rend difficile sa vente », explique Remi Le Forestier, dirigeant de Percier et Fontaine.

« C’est le roi des trônes »

L’entreprise conçoit, fabrique et vend régulièrement des trônes pour le cinéma, le théâtre, l’évènementiel… Cette réplique, datant de 2022, a été exposée dans différents lieux prestigieux en 2023 comme au château des Princes de Condé à Condé-en-Brie (Aisne) ou au Palais Vivienne à Paris chez Pierre-Jean Chalençon, collectionneur d’objets de Napoléon : « Bokassa était un grand admirateur de Napoléon. Il avait calqué sa cérémonie du sacre sur la sienne. Jean-Barthélémy Bokassa, premier petit-fils de l’empereur et ami de M. Chalençon, s’est même assis sur le trône qu’il a connu jusqu’à ses 5 ans », précise Remi Le forestier.

Aujourd’hui, sa carcasse métallique continue de rouiller dans une cour du ministère de la Culture de Bangui. Pour Remi Le Forestier, « c’est le roi des trônes. La vente aux enchères de sa copie nous met dans la lumière. Si on est capable de faire ce meuble complexe, on est capable de tout faire. Notre objectif n’est pas de légitimer ou glorifier le régime de Bokassa, mais de rendre hommage aux artisans qui ont travaillé dessus pour un total de 2 000 heures ! »



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