Vendée : accusé d’attouchement sur sa belle-fille de 10 ans, il crie au complot



Voir mon actu

Jules*, âgé de 39 ans et purgeant une peine sous libération contrainte à Nantes, était jugé le 3 juin dernier par le tribunal de La Roche-sur-Yon. Il est accusé d’agression sexuelle sur la fille de sa compagne de l’époque. Les faits se seraient déroulés entre le 1er et le 31 août 2021 à Dompierre-sur-Yon. La plaignante, âgée de 10 ans, affirme que Jules lui aurait fait des caresses sur les seins. Le prévenu réfute totalement ces accusations.

Des faits dévoilés un an après

La jeune fille s’est confiée un an après les faits, à un centre social, puis à son père chez qui elle vit la majorité du temps, la maman ayant perdu ses droits sur sa fille à cause de ses problèmes d’alcool.

En août 2021, la fillette était venue passer une semaine de vacances chez Jules, qui partageait alors sa vie avec sa maman.

Dans son audition, la fillette a expliqué aux gendarmes que l’homme lui a touché les fesses par-dessus ses vêtements, puis plus tard, lui a caressé les seins en descendant vers les hanches et les fesses. Effrayée, elle avait pu fuir en s’enfermant dans les toilettes.

L’enquête montre aussi que le comportement de l’enfant a changé après les révélations, la victime ayant commencé à se scarifier ou à avoir des idées suicidaires.

Un contexte familial toxique

Décrite comme une enfant perturbée du fait d’un contexte familial complexe, elle a dû être hospitalisée. Un mal-être psychique qu’a mis en évidence la procureure de la République. « Elle n’en rajoute vraiment pas », a déclaré la magistrate du parquet, s’appuyant sur des déclarations constantes de la fillette. Elle requiert deux ans d’emprisonnement, une inscription au fichier des délinquants sexuels (Fijais) et une interdiction de rentrer en contact avec la victime.

Vidéos : en ce moment sur Actu

Le prévenu, pour sa part, nie en bloc. À la barre, il a commencé par expliquer son état de santé. Le prévenu est sur le point de devenir aveugle. La perte d’un œil serait, selon lui, liée à la mère de la victime avec qui il y aurait eu des violences par le passé. « Mais je n’ai pas porté plainte », a-t-il précisé. Et son autre œil ne voit qu’à 2/10e. Les médecins prévoient une cécité complète d’ici quelques mois. Face aux juges, il a réaffirmé ne s’être jamais retrouvé seul avec l’enfant pendant les cinq jours qu’elle est venue chez lui. 

Le prévenu assure que ces faits sont des « mensonges » et raconte avoir été menacé par son ancienne compagne et son nouveau conjoint. « Elle, elle savait que j’avais de l’argent à l’époque et avec son nouveau compagnon, ils m’ont dit qu’ils porteraient plainte contre moi si je ne leur en donnais pas », a-t-il indiqué aux juges. 

Jules est connu de la justice, avec un casier judiciaire chargé, de délits routiers sous alcool, des violences avec armes, une séquestration et des violences sur ascendant, mais jamais pour des agressions sexuelles. 

Maître Simmonot, avocat de la victime, ne croit pas à la théorie du complot mise en avant par le prévenu. Il demande 6000 € de dommages pour la fillette et 2000 € pour son père, présent à l’audience.

Relaxe au bénéfice du doute

La défense a souligné l’extrême complexité de l’affaire, et a estimé être face à un dossier qui n’a pas eu « la rigueur absolue d’une enquête. La question n’est pas de remettre en cause la parole de l’enfant, mais de savoir si c’est monsieur qui a agressé la jeune victime ? Il n’y a pas matière suffisante pour le désigner coupable », a-t-il dit.

Une semaine après l’audience, le tribunal a rendu son jugement lundi 10 juin et a relaxé le prévenu au bénéfice du doute. Une décision « décevante » pour la partie civile. « Le tribunal ne dit pas que la victime a menti, mais plutôt qu’elle n’a pas les preuves suffisantes pour reconnaître l’auteur coupable », analyse Me Simmonot.

*Prénom d’emprunt

Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.



Lien des sources