Airbus revoit à la baisse ses objectifs de livraisons


Airbus va devoir ralentir la cadence malgré un carnet de commandes qui déborde . Lundi, l’avionneur européen a annoncé qu’il comptait livrer « environ 770 » avions commerciaux en 2024, contre 800 précédemment, en raison de difficultés persistantes de sa chaîne de fournisseurs et qu’il décalait à 2027, contre 2026 précédemment, son objectif de produire 75 A320 par mois.

Dans ses activités spatiales, le géant européen, qui avait déjà inscrit l’an passé une charge de 600 millions d’euros, a par ailleurs annoncé une nouvelle provision « d’environ 900 millions d’euros » liée à « certains programmes spatiaux de télécommunications, de navigation et d’observation ».

Coup de frein sur les satellites

L’estimation du coût de développement et des perspectives commerciales de certains programmes, notamment les nouveaux satellites géostationnaires de télécommunications Onesat, a dû être une nouvelle fois revue.

Ces charges « sont principalement liées à des hypothèses révisées sur les calendriers, la charge de travail, les sources d’approvisionnement, les risques et, enfin, les coûts sur toute la durée de vie » des programmes, a expliqué le président exécutif d’Airbus Guillaume Faury lors d’une conférence téléphonique.

Manque de moteurs et d’équipements de cabine

S’agissant des avions commerciaux, « Airbus est confronté à des problèmes spécifiques persistants au niveau de la chaîne d’approvisionnement, principalement en ce qui concerne les moteurs, les aérostructures et les équipements de cabine », explique l’avionneur dans un communiqué.

« La demande reste très forte, c’est incontestable mais le chemin pour y parvenir est complexe et nous sommes ralentis par plusieurs éléments, et continuons d’être freinés par la chaîne d’approvisionnement », a déploré Guillaume Faury.

La situation s’est notamment selon lui « dégradée ces derniers mois ». « Nous nous trouvons dans une situation où il manque des moteurs pour les monocouloirs chez les deux motoristes (Pratt & Whitney et CFM International, ndlr) et nous nous retrouverions avec des planeurs, des avions sans moteur, d’ici la fin du trimestre en nombre significatif » si le rythme n’était pas ralenti.

Le niveau d’avant Covid attendra

Airbus a livré 735 avions commerciaux l’an passé. Il n’en avait livré que 661 en 2022 après avoir commencé l’année en tablant sur 720 appareils. Avec 770 appareils désormais prévus en 2024, Airbus n’atteindra toujours pas les 800 avions livrés en 2018, avant que la pandémie ne torpille le secteur aéronautique.

Conséquence, la montée en cadence des appareils de la famille A320 ralentit. Mais l’objectif de 75 appareils mensuels, certes décalé d’un an, demeure, a martelé Guillaume Faury.

Airbus table dorénavant sur un bénéfice opérationnel ajusté de 5,5 milliards d’euros en 2024 alors qu’il prévoyait « entre 6,5 et 7,0 milliards d’euros » et un flux de trésorerie disponible de 3,5 milliards d’euros, contre 4 milliards auparavant.

Source AFP



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