Alimentation : les industriels pourront utiliser davantage les eaux usées dans leurs usines


C’est le dernier étage de la fusée. Pas d’Ariane 6, mais celle du Plan Eau, annoncé fin mars 2023 par le chef de l’Etat.

Après avoir autorisé l’utilisation des eaux recyclées issues des matières premières, ou encore les eaux recyclées provenant des processus industriels, par exemple pour nettoyer les équipements et installations , les entreprises de l’agro-alimentaire pourront désormais utiliser cette eau recyclée pour « la préparation, la transformation et la conservation de toutes denrées et marchandises destinées à l’alimentation humaine », selon le texte du décret publié en début de semaine.

Sujet de santé publique

Pour certaines industries, « cette réutilisation des eaux permettra une économie de 15 % à 80 % en eau potable », s’est félicité le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau sur X.

De quoi permettre à la France de progresser sur ce volet : avec moins de 1 % de sa consommation d’eau couverte par la réutilisation des eaux usées contre 15 % en Espagne, voire 90 % en Israël, la France doit accélérer le pas . Les objectifs du Plan Eau fixent à 10 % la part des eaux réutilisés en 2027, avec le déploiement de 1.000 projets.

Ce dernier décret a été particulièrement compliqué à rédiger car la réutilisation en vue de la préparation de denrées alimentaires est un sujet majeur de santé publique. Ce décret s’accompagne d’ailleurs d’un arrêté ministériel, également publié le même jour, qui sécurise les garanties sanitaires que les eaux recyclées doivent respecter en fonction des types d’usage prévus.

Le décret autorise « l’utilisation de certaines eaux recyclées en tant qu’ingrédient dans la composition de denrées alimentaires finales. Il permet aux eaux recyclées issues des matières premières et aux eaux de processus recyclées de circuler dans le même réseau que le réseau de distribution de l’eau destinée à la consommation humaine », indique le texte.

Baisser la consommation d’eau

La réutilisation des eaux usées s’inscrit dans la volonté du gouvernement actuel de baisser la consommation globale d’eau de 10 % d’ici à 2030. Une nécessité dont on aurait un peu tendance à oublier l’importance ces dernières semaines.

En effet, du fait de la pluviométrie récente, « l’état des nappes phréatiques est globalement très satisfaisant avec des niveaux actuels majoritairement au-dessus des normales mensuelles », relevait le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) dans sa dernière note au 1er juin 2024.

Pour autant, la disponibilité en eau, de bonne qualité, reste un sujet critique. Comme le rappelle l’Autorité environnementale dans son rapport d’activité publié ce mardi, « le nombre de captages en nappes abandonnés du fait de la qualité des eaux n’a pas diminué : en moyenne 147 captages sont fermés chaque année, dont, 62 en raison de leur taux en nitrates ou pesticides ». Un sujet qui concerne directement le secteur agricole, et par ricochet, toute l’industrie agro-alimentaire.



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