Cacao : le risque de pénurie extrême est écarté


Une bonne nouvelle qui devrait soulager les amateurs de barres chocolatées. Grâce à une récolte satisfaisante en Afrique de l’ouest, le marché va renouer avec les excédents, alors que l’offre a été inférieure à la demande pendant trois ans d’affilée. Avec un effet direct sur les cours. Après avoir déjà perdu 30 % à 8.000 dollars la tonne depuis un pic à 12.000 dollars en avril , les prix du cacao sur les marchés à terme devraient nettement refluer l’an prochain .

Le recul récent des cours s’explique par l’amélioration des conditions météorologiques en Afrique de l’Ouest, principale région de production au monde. Dans cette zone, les précipitations laissent enfin augurer un meilleur rendement pour la future récolte.

Retour aux excédents

Selon le courtier en matières premières Marex, l’offre de fèves dépassera ainsi la demande de 303.000 tonnes lors de la campagne 2024-2025 qui démarrera en octobre.

Mais si le risque de pénurie extrême s’éloigne, des tensions peuvent toutefois subsister encore quelques mois. Pour la saison en cours, le déséquilibre entre la demande et l’offre devrait encore s’élever à 439.000 tonnes, selon l’Organisation internationale du cacao. Marex est un peu plus pessimiste et table sur un manque d’offre de 475.000 tonnes.

Destruction de demande

Malgré de possibles soubresauts à moyen terme, la tendance baissière des cours du cacao reste néanmoins durable. Les perspectives de demande plaident en effet, elles aussi, en faveur d’une détente des prix. La consommation de fèves devrait marquer le pas pour deux raisons. On devrait d’abord commencer à observer de la destruction de demande du côté du broyage, l’étape de transformation du cacao en beurre et en poudre.

Jusqu’à présent, les chocolatiers ont broyé des fèves achetées avant la folle ascension des cours sur les marchés internationaux. Ils vont devoir reconstituer leurs stocks à un prix qui reste nettement plus élevé. Ce qui va peser sur la demande, en les obligeant à acheter avec parcimonie. « Le pire de l’inflation pour la matière première entrante se fera sentir au second semestre de l’année », prévient Jonathan Parkman, responsable des ventes de produits agricoles chez Marex.

On pourrait ensuite voir la demande se réduire au niveau des consommateurs. Les multinationales n’auront en effet d’autre choix que de répercuter la hausse de leur facture à leurs clients. Ces derniers devront ainsi payer plus cher leurs tablettes de chocolat, a averti le géant suisse Nestlé le mois dernier. Jusqu’à présent, les prix du chocolat avaient peu augmenté, pas assez en tout cas pour que les consommateurs se résignent à ne plus en acheter. Avec ce changement de donne, ils pourraient bien réduire leurs achats, contribuant, eux aussi, à faire baisser la demande de fèves.



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