ce premier portrait officiel qui dérange




Une toile rouge flamboyante où surnagent le visage et les mains du souverain : voilà l’œuvre originale peinte par l’artiste contemporain Jonathan Yeo pour immortaliser Charles III. Le tableau imposant – 2,6 m sur 2 – a été officiellement dévoilé par le roi en personne ce 14 mai, en présence de Camilla, lors d’une cérémonie au palais de Buckingham.

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Il s’agit là du premier portrait historique de Charles III réalisé depuis son règne : commandé par la Compagnie des drapiers, il va rejoindre le siège de leur compagnie, le Drapers’ Hall à Londres, où il ne manquera pas de faire sensation.

Si le rouge vif domine, c’est parce que l’artiste a souhaité faire écho « avec l’héritage royal que l’on trouve dans de nombreux portraits historiques, mais en injectant également une secousse dynamique et contemporaine », précise le site de l’artiste.

Charles III, qui a posé quatre fois de suite devant le peintre, a semble-t-il apprécié l’œuvre où il apparaît en arrière-plan en grande tenue rouge vif de colonel des Welsh Guards. Mais les internautes n’ont pas manqué de donner leurs avis, estimant que l’artiste a trop forcé sur la couleur écarlate : « hideux ! », « un bain de sang », commentent certains, faisant parfois écho à Satan ou Dracula, seigneur des Carpates – où Charles III possède d’ailleurs un pied à terre.

« Du sang sur les mains »

D’autres estiment que le tableau reflète finalement bien l’image d’une monarchie anciennement coloniale, « qui a du sang sur les mains »… Plus comique, des internautes raillent la toile en disant qu’elle a déjà fait l’objet de jets de tomates de la part de militants écolos survoltés. On trouve même un esprit assez tordu pour affirmer que Charles a enfin réalisé son fantasme, « vivre à l’intérieur de Camilla ».

Une allusion au fameux « Tampon Gate », quand Charles avait été enregistré à son insu lors d’une conversation avec sa maîtresse, rêvant de se voir transformer en Tampax pour être au plus près d’elle…

Seule touche de poésie dans cette œuvre polémique : la présence d’un papillon près de l’épaule droite du souverain, une demande spécifique du souverain. Lors des séances de pose, l’artiste a demandé à Charles III comment il souhaiterait être vu par la postérité, quel signe distinctif pourrait le résumer… Et le roi de lui suggérer un papillon, à la fois pour marquer son engagement pour la défense de la nature et symboliser « la métamorphose et la renaissance », un défi majeur pour la monarchie de demain.

Poser devant les plus grands portraitistes est une tradition bien ancrée dans la famille royale, qui est à la tête d’une remarquable collection d’œuvres et soutient les artistes. Avec parfois des créations disruptives qui peuvent choquer, comme lorsque le peintre Lucian Freud avait croqué Elizabeth II vieillie, âgée, les traits tirés, le regard lugubre, comme rongée par les soucis, à l’occasion de son jubilé d’or. Les critiques avaient adoré, la presse s’était enflammée pendant que la Couronne était restée… de marbre, comme à son habitude.




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