Comment Pharrell Williams et son show Vuitton pour l’été 2025 ont changé la donne




Mais de quoi Louis Vuitton est-il le nom ? Depuis un an, quelque chose a changé dans le paysage de la Fashion Week parisienne avec la prise du pont Neuf par Louis Vuitton et Pharrell Williams, lors du premier défilé de ce dernier pour la marque au monogramme : ce soir de juin 2023, le luxe – ou du moins son numéro un – avait franchi non pas la Seine mais le Rubicon pour s’affirmer une bonne fois pour toutes comme la plus puissante et dominante des plateformes culturelles.

En maître d’œuvre, une superstar de plein exercice, Pharrell, ayant pour mission de rendre encore plus célèbre le monogramme et plus désirables ses produits, grâce à l’épiphanie d’un show – sans doute le plus cher de l’histoire de la mode, pour un budget faisant passer la production du film Cléopâtre de Mankiewicz pour une plaisanterie –, on serait au-delà de 70 millions d’euros.

Au-delà du show

Un an après, pour son troisième opus parisien – il a aussi défilé à Hongkong –, après une excursion dans le Grand Ouest américain version cinémascope à la Fondation Vuitton pour l’hiver 2024, cap sur le 7e arrondissement et les jardins de l’Unesco pour l’été 2025.

Sans doute, le bâtiment de Niemeyer n’est pas le pont Neuf, mais la vue sur la tour Eiffel y est impeccable et le choix du siège d’une organisation internationale dit symboliquement encore davantage les ambitions globales de Vuitton : « Le monde est à vous », clament le teaser et les blouses collector des équipes internes – « J’ai deux fils, je n’ai qu’une veste, comment faire ? » souriait une attachée de presse, presque paniquée devant ce choix cornélien.

La surprise ? Pas tant le show, impeccable, avec gazon formant damier – l’un des motifs iconiques de la marque –, chœur et orchestre symphonique reprenant un hymne spécialement composé par Pharrell, agrégation de puissants et de célébrités – dont l’accès était gardé avec la plus grande sévérité, des vigiles barrant toute circulation entre les rangs du défilé, ironie d’un moment prônant l’échange et l’ouverture – et codes esthétiques désormais référents, à l’instar des porteurs de malles ponctuant la marche des modèles, clin d’œil aux origines de la marque, bien sûr, mais aussi produits hors compétition et déjà collector.

Orgie de sacs

La surprise n’est pas davantage devant la profusion mécanique d’accessoires : un modèle de sac par passage est la règle, les classiques réinterprétés se taillant la part du lion – et du chiffre d’affaires de la catégorie, l’outil de production industrielle restant bien souvent le même pour les nouvelles variations – avec parfois des digressions ludiques, comme la paire de lunettes de jumelles monogrammées – Vuitton aime voir loin… Dès son premier opus, Pharrell avait bien compris où il était et a posé sa marque de fabrique avec en particulier une version colorée du Keepall – le rose et le noir de l’été 2025 font sans doute déjà l’objet de suppliques des VIC, soit les Very Important Customers.

Et bam, du prêt-à-porter

La vraie surprise est dans la confirmation d’une nouvelle source de revenus annoncée : le prêt-à-porter – finalement toujours modeste dans le chiffre d’affaires colossal du géant. Car oui, à côté du grand jeu des peaux exotiques ou de la collection dans la collection imaginée avec le collectif Air Afrique, voici un vestiaire éminemment portable, jouant du costume monochrome sombre et du soulier impeccable pour « dandy global ». C’est bien fait, c’est très malin et cela dynamise l’offre sur un marché masculin en constante augmentation. Cela devrait aussi réjouir le cœur de Pietro Beccari, PDG de Vuitton, qui eut l’idée d’engager Pharrell Williams. Conclusion ? « Le monde est à Vuitton. »À LIRE AUSSI Cravates, chevaux, carlin et autres bêtes de mode milanaises pour l’été mâle de 2025



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