Constitution, élection, Guide suprême… Que va-t-il se passer en Iran après la mort du président Raïssi ?




Stupeur en Iran. La mort du président Ebrahim Raïssi a été confirmée lundi 20 mai au lendemain de l’accident de son hélicoptère, dans le nord-ouest du pays à la frontière avec l’Azerbaïdjan. L’annonce de sa disparition ouvre une période politique incertaine dans le pays, acteur majeur au Moyen-Orient, région secouée par la guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas. Remplaçant, nouvelles élections… On fait le point sur ce qui attend l’Iran dans les prochaines semaines. 

Mohammad Mokhber en remplaçant

Le président iranien Ebrahim Raïssi va être remplacé par le premier vice-président, Mohammad Mokhber, comme le prévoit l’article 131 de la Constitution de la République islamique. Ce texte indique « qu’en cas de décès, de destitution, de démission, d’absence ou de maladie d’une durée supérieure à deux mois du président », c’est le premier vice-président qui « assumera les pouvoirs du président ». Cette transition doit se faire avec « l’approbation du Guide suprême », Ali Khamenei

Mohammad Mokhber, né à Dezfoul dans la province du Khouzestan (sud-ouest), devrait donc assurer la présidence par intérim à 68 ans. Il avait été nommé premier vice-président en août 2021. Homme politique, il a également été dirigeant d’entreprises et a présidé depuis 2007 la Fondation de l’ordre de l’Imam (Setad). Cette fondation a été établie à la fin des années 1980 afin de gérer les propriétés confisquées à la suite de la Révolution islamique de 1979. Elle est devenue au fil des années un important conglomérat économique d’Etat avec des parts dans les différents secteurs, y compris la santé.

Une élection présidentielle dans les 50 jours 

La nomination de Mohammad Mokhber à la tête du pays ne devrait pas durer plus de 50 jours. La Constitution prévoit qu’un conseil « composé du président du Parlement, du chef de la justice et du premier vice-président est tenu d’organiser l’élection d’un nouveau président dans un délai maximum de 50 jours ».

Bernard Hourcarde, directeur de recherche au CNRS interrogé par Libération, a indiqué plusieurs potentiels candidats à la présidentielle, qui se préparaient déjà à celle de 2025. Parmi eux, le dirigeant du Parlement, Mohammad Ghaliba ou l’ancien président, Hassan Rohani. Le spécialiste mise aussi sur la candidature de Manoutchehr Mottaki, ancien ministre des Affaires étrangères, celle de Mohsen Rezahi, ex-commandant des Gardiens de la révolution, ou Mojtaba Zolnouri, député conservateur.

Quelles conséquences sociales et géopolitiques ?

Si la disparition d’Ebrahim Raïssi est un choc en Iran, elle ne devrait pas faire basculer le pays. Comme le rappelle Bernard Hourcade, pour Libération, « le patron, c’est le Guide suprême, Ali Khamenei » et l’Iran « est trop bien contrôlé par celui-ci ». Cependant, cet événement pourrait réveiller des tensions dans un pays frappé par une crise économique et sociale

Côté gouvernement, on assure que le décès du président n’aura pas de conséquences. « Nous assurons à la nation loyale que, avec l’aide de Dieu et le soutien du peuple, il n’y aura pas la moindre perturbation dans l’administration du pays », a-t-il été dit lundi matin dans un communiqué. 

Au niveau géopolitique, ce décès ouvre tout de même une période d’incertitude politique en Iran, un acteur majeur au Moyen-Orient, région secouée par la guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas. Dimanche encore, au cours d’une conférence de presse, Ebrahim Raïssi apportait de nouveau son soutien au Hamas face à Israël.

« Nous pensons que la Palestine est la première question du monde musulman », avait-il déclaré. En avril, l’Iran avait lancé une attaque inédite contre Israël, avec 350 drones et missiles, dont la plupart ont été interceptés avec l’aide des États-Unis et de plusieurs autres pays alliés. 




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