Crédit Agricole en négociation avec Société Générale pour lui racheter Hanseatic Bank


La revue des actifs de Société Générale profite aux autres banques françaises. Après la cession de sa filiale de financement d’équipements professionnels à BPCE pour 1,1 milliard d’euros, la banque de la Défense pourrait céder sa filiale allemande de crédit à la consommation, Hanseatic Bank, à Crédit Agricole. Selon Bloomberg, les deux groupes mènent des discussions avancées autour de cet actif valorisé plus de 600 millions d’euros.

Selon nos informations, Crédit Agricole est bien en négociation avec Société Générale mais le processus pourrait durer plusieurs semaines, sans garantie de succès. A priori, la banque mutualiste serait le seul candidat encore en lice, selon une source, qui reste prudente sur la valorisation. Les deux groupes n’ont pas souhaité commenter.

Société Générale contrôle 75 % de l’établissement basé à Hambourg, qui affiche des fonds propres de 430 millions d’euros et a enregistré l’an dernier un bénéfice de 58 millions d’euros pour 570 employés. Le spécialiste de la vente à distance Otto, contrôlé par l’influente famille éponyme, détient 25 % du capital de la banque spécialisée, avec laquelle il a noué des partenariats courant pour certains jusqu’en 2034.

Revue d’actifs

La cession de cet établissement marquerait une nouvelle étape dans la stratégie de simplification annoncée en septembre par le patron de Société Générale, Slawomir Krupa, visant notamment à renouer avec la confiance des investisseurs. Depuis, la banque a annoncé la vente de plusieurs filiales en Afrique et poursuit des discussions sur d’autres actifs en Suisse ou au Royaume-Uni.

Le repli stratégique de Société Générale intervient au moment où d’autres banques françaises veulent au contraire grandir en Allemagne. C’est le cas de BNP Paribas, qui a fait de la première économie de la zone euro une priorité et s’intéresse aux activités de gestion de fortune , mais aussi aux services titres du britannique HSBC outre-Rhin, valorisés au total jusqu’à 1,3 milliard d’euros.

Crédit Agricole a également de grandes ambitions en Allemagne, où il compte 1.700 employés dans ses activités de banque d’investissement, de leasing ou encore de gestion d’actifs. Jusqu’ici, le groupe dirigé par Philippe Brassac misait sur la croissance organique, mais une acquisition de Hanseatic Bank, qui compte 242.000 clients munis de carte de crédit, lui permettrait de faire un bond dans le crédit à la consommation.

Les Français à l’offensive

Dans ce métier, la banque mutualiste contrôle Creditplus, un établissement basé à Stuttgart qui a réalisé en 2022 un bénéfice de 14 millions d’euros avec plus de 650 employés. Celui-ci se trouve notamment en concurrence avec Targobank, la filiale locale de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, devenue un poids lourd du marché avec 7.200 employés et plus de 300 agences.

Cette offensive française contraste avec le repli des établissements britanniques outre-Rhin. Outre HSBC, qui veut se concentrer en Allemagne sur ses activités à forte composante internationale (banque d’investissement, transactions du commerce international…), Barclays a annoncé la semaine dernière la cession de sa filiale allemande de crédit à la consommation, qui compte 700 employés, à la banque autrichienne Bawag.

Crédit Agricole n’a pas que des bons souvenirs dans le pays. Le groupe a écopé en 2019 d’un redressement fiscal de plus de 300 millions d’euros en Bavière dans le cadre de l’affaire de fraude aux dividendes (Cum-ex). Il fait par ailleurs partie des victimes du spécialiste des paiements Wirecard, avec lequel il avait scellé un partenariat avant sa faillite retentissante en 2020, suite à une fraude comptable.



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