Des centaines de militants sèment la panique à l’AG d’Amundi


Dégradations, agents de sécurité blessés : l’assemblée générale d’ Amundi a été fortement perturbée, ce vendredi, par des centaines de militants écologistes. Ils reprochent au numéro un européen de la gestion d’actifs d’être l’un des premiers actionnaires de TotalEnergies.

Avec 4,6 % des actions en circulation, Amundi est le quatrième actionnaire du groupe pétrolier derrière BlackRock, FCPE TotalEnergies (le fonds commun de placement réservé aux salariés) et Vanguard, avec respectivement 8,8 %, 8,1 % et 5,2 % du flottant, selon les données Bloomberg. L’an dernier, les locaux parisiens de BlackRock, numéro un mondial de la gestion d’actifs, avait été envahis par des cheminots en grève lors de la mobilisation contre la réforme des retraites.

Dégradations matérielles

Les forces de l’ordre ont été mobilisées et ont procédé à de très nombreuses interpellations. « Nous condamnons fermement toute forme de violence. Aussi, Amundi portera plainte au regard des violences perpétrées sur les personnes et au vu des dégradations matérielles », a indiqué le groupe dans un communiqué.

L’assemblée générale de TotalEnergies, dans le quartier de La Défense, se tenait le jour même. Comme elle était bien plus encadrée par les forces de l’ordre, les militants se sont tournés vers le boulevard Pasteur, dans le XVe arrondissement, où se trouve le siège d’Amundi.

Etaient présents l’association Attac France, le mouvement de désobéissance civile Extinction rébellion, des personnalités publiques telles que la députée écologiste Sandrine Rousseau, la tête de liste LFI aux élections européennes Manon Aubry ou encore Claire Nouvian, fondatrice de l’ONG Bloom. Se sont également ajoutés des groupes représentant des communautés autochtones du Pérou et d’Ouganda, opposés aux projets du pétrolier dans ces pays.

Demande des clients

« Amundi continuera d’agir chaque jour dans l’intérêt de ses clients et de la société. Nous sommes un acteur majeur de l’investissement responsable et nous le resterons », s’est défendu le groupe. Nombre de sociétés de gestion se justifient par le fait les produits qu’elles vendent sont façonnés en fonction de la demande de leurs clients, que ces derniers aient des souhaits ou des contraintes en matière de climat, ou non.

Mais les règles du jeu ne sont pas toujours si claires. Dans un courrier publié en amont de l’assemblée générale, plus d’un millier de salariés issus d’entreprises comme Orange, Alston ou Ubisoft ont appelé Amundi à « rendre l’épargne salariale plus transparente », dénonçant des « investissements néfastes pour le climat » réalisés avec leur épargne. Ils appellent le gestionnaire d’actifs à « cesser ses nouveaux investissements dans des entreprises qui mettent en péril l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris ».

Stratégie climatique

Chez TotalEnergies, Patrick Pouyanné, président du conseil d’administration, a été réélu réélu en tant qu’administrateur avec le soutien de 75,73 % des votes des actionnaires (contre 77,39 % en 2021, dernière année où son mandat d’administration avait été soumis au vote). De son côté, le rapport présentant la mise en oeuvre de la stratégie climatique de l’entreprise a été approuvé, avec 79,72 % de votes favorables des actionnaires, contre 88,76 % l’année dernière.

« Un nombre non négligeable et croissant d’investisseurs ont montré leur opposition à la stratégie climat destructrice de l’entreprise et au renouvellement du mandat de Patrick Pouyanné. C’est un signal fort envoyé par les actionnaires sur la nécessité d’arrêter sa stratégie d’expansion fossile incompatible avec la science climatique », a relevé Agathe Masson, à l’ONG Reclaim Finance.

Amundi enregistrait à fin mars plus de 2.100 milliards d’euros d’actifs sous gestion.



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