Gérald Darmanin appelle le camp présidentiel à reconnaître la défaite




Il fait acte de contrition. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, appelle les membres de la majorité présidentielle – dont il fait partie – à reconnaître leur défaite aux élections législatives. Et tente de faire revenir les électeurs du Rassemblement national « à la maison républicaine ».

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Invité d’Europe 1 et de CNews ce mercredi 10 juillet, Gérald Darmanin encourage ses collègues de la majorité à reconnaître leur défaite collective aux élections législatives, où le groupe Ensemble a régressé de 250 à 165 sièges. « Il faut que nous puissions regarder les choses en face : nous avons perdu les élections », observe celui qui est encore locataire de la place Beauvau. « Moi j’invite les gens de mon camp à comprendre qu’ils ont perdu les élections, et que c’est normal en démocratie parfois de perdre. Quand on sait qu’on a perdu, on peut regagner après et recréer cette espérance », clame-t-il.

Gérald Darmanin appelle à « un peu d’humilité devant les Français ». « Ça s’adresse à nous évidemment, ça s’adresse aux autres », précise-t-il, alors que le Nouveau Front populaire (NFP) n’a obtenu qu’une majorité relative au Palais-Bourbon avec environ 190 députés.

Combler le fossé avec les classes populaires

Pour le ministre de l’Intérieur, le score obtenu par le Rassemblement national (RN), qui augmente son nombre d’élus à un plus haut historique de 143, illustre l’impuissance de la force politique au pouvoir depuis 2017 à s’adresser à certains Français. « Nous n’avons pas su parler aux électeurs qui travaillent : les employés, les ouvriers, les femmes seules qui élèvent des gamins. Nous n’avons pas su leur parler. Et ça, c’est un échec de notre majorité », estime Gérald Darmanin.

« Nous avons parlé malheureusement aux cadres supérieurs. Les cadres supérieurs, c’est bien, mais ce n’est pas eux qui font l’immense majorité du peuple français », poursuit le ministre de l’Intérieur. « Et ça, c’est un drame pour un parti qui se dit républicain. Quand on veut être le bloc central, il faut parler au bloc central de la population aussi, et nous n’avons pas parlé au bloc central de la population », conclut-il.

« Je n’aurais pas dîné avec Marine Le Pen »

Balayant toute perspective de coalition avec les élus d’extrême droite, Gérald Darmanin revendique en revanche la possibilité de répondre aux thèmes qui sont chers à leurs électeurs. « Ils veulent davantage de fermeté ? Je suis leur homme. Ils veulent que le travail paie plus ? Je suis leur homme », assure Gérald Darmanin, qui a également évoqué la volonté que « l’impunité » ou « le deux poids deux mesures » « n’existent plus dans le pays ».

En somme, selon le député de la 10e circonscription du Nord, « ils veulent plus d’autorité et que le travail paie plus ». « Je pense que ça, ça ramène à la maison républicaine beaucoup d’électeurs qui votent RN », considère-t-il.

Interrogé sur les récentes révélations de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe qui a confié avoir dîné avec Marine Le Pen, triple candidate à la présidentielle du RN, Gérald Darmanin rétorque qu’« Édouard Philippe dîne avec qui il souhaite ». « Moi je n’aurais pas dîné avec Marine Le Pen », fait-il savoir.




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