L’avalanche à venir de tomates chinoises fait trembler le champion italien Mutti


L’italien Mutti, leader du marché de la tomate en Europe, élargit sa toile à l’international. Malgré l’inflation et des accidents climatiques répétés sur la riche plaine du Pô , où se trouvent son siège et deux de ses trois usines.

Grâce à une hausse très sensible de ses ventes en 2023, il a gagné des places dans de nombreux pays, et occupe désormais le plus haut niveau du podium dans 8 pays européens, dont la France. L’entreprise de Parme a augmenté son chiffre d’affaires de 40 % à 21,6 millions d’euros aux Etats-Unis et vient de « prendre la tête du marché en Australie ». Au total, Mutti a amélioré sa rentabilité de 17 % avec un Ebitda de 52,2 millions d’euros l’an passé. Son chiffre d’affaires est en hausse de 19 %, à 665 millions d’euros.

Déferlement made in China

Le groupe, qui s’internationalise à pas cadencés, a réalisé pour la deuxième année consécutive plus de la moitié de son activité en dehors de l’Italie, où il contrôle plus de 33 % du marché.

Poussé par son succès, Francesco Mutti, le patron du groupe, prévoit d’investir 100 millions d’euros dans son outil industriel au cours des quatre prochaines années afin d’augmenter ses capacités de production. Mais la formidable poussée de la Chine l’inquiète. L’empire du Milieu va, selon des estimations concordantes, devenir la championne de la tomate dans le monde cette année avec des volumes en hausse de 22 % à 11 millions de tonnes.

Il doublera ainsi la Californie, jusqu’alors tenante du titre. « Le plus inquiétant », selon Francesco Mutti, n’est pas cela mais le risque de déferlement du concentré de tomate chinois en Europe et son effet dépresseur sur les prix. Selon les analystes de marché, la Chine n’est pas en mesure d’absorber plus de 20 % de sa formidable production. « Tout le reste va inonder les places à l’exportation », prédit le patron de Mutti.

« Depuis deux ans, la Chine, attirée par les prix de la matière première et par la hausse de la demande mondiale, a fait des investissements énormes dans l’achat de machines destinées à la transformation de la tomate », s’alarme Franscesco Mutti. Au consommateur de choisir, ajoute-t-il, mais encore faudra-t-il que l’étiquetage l’informe correctement. L’Italie a ouvert le dossier avec la Commission européenne.



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