le point sur la situation lundi 20 mai 2024




La Nouvelle-Calédonie est toujours paralysée. Depuis le début des émeutes mardi dernier, sur fond de réforme électorale contestée par les indépendantistes, l’archipel est en proie aux émeutes et aux blocages malgré les moyens massifs engagés par l’État pour rétablir l’ordre.

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Lundi, aucune issue à cette crise sécuritaire et politique, qui a fait six morts, ne semblait se dessiner, alors qu’un conseil de défense doit se tenir à 18 h 30 et que l’aéroport de Nouméa reste fermé jusqu’à jeudi pour les vols commerciaux.

La fermeture de l’aéroport de Nouméa prolongée

Signe de difficultés à reprendre en main la situation, l’aéroport international de Nouméa restera fermé aux vols commerciaux jusqu’à jeudi. Et ce, malgré les demandes répétées de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande qui réclament l’évacuation de leurs ressortissants. Depuis mardi dernier, l’aéroport est fermé aux vols commerciaux.

Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a estimé lundi que la situation en Nouvelle-Calédonie était « vraiment préoccupante ». Il a précisé que Canberra avait recensé 300 Australiens désireux de quitter l’archipel. L’Australie, de même que la Nouvelle-Zélande, a demandé durant le week-end à pouvoir poser des avions afin de rapatrier ses concitoyens.

Dimanche, une vaste opération de la gendarmerie a été menée contre les barrages installés entre Nouméa et son aéroport international. « Cette opération est un succès avec 76 barrages neutralisés », s’est félicité le représentant de l’État central. Si elle n’a pas suffi à dégager la route vers l’aéroport, le représentant a assuré que les moyens « seront maintenus dans les prochains jours ».

Un entrepôt incendié à Nouméa

Une semaine après le début des émeutes, la nuit de dimanche à lundi a été marquée par « un incendie notable et des actions de pillage », a relevé le représentant de l’État central. Lundi matin, la zone industrielle où se trouve la Société du nickel, dans le quartier de Montagne coupée à Nouméa, a vu l’incendie d’un entrepôt dont se dégageait une épaisse fumée noire.

Dans la nuit, des bruits de grenades de désencerclement, utilisées par les forces de l’ordre pour disperser les émeutiers, ainsi que des cris évoquant des affrontements ont également été entendus dans l’agglomération de Nouméa, selon un correspondant de l’AFP. Dans la ville de Nouméa, des détonations importantes ont résonné, selon une autre journaliste de l’AFP.

La maire de Nouméa demande une « pause institutionnelle »

Au micro de France Info, Sonia Lagarde, maire de Nouméa, a demandé une prolongation de l’état d’urgence, proclamé mercredi dernier et pour une durée de douze jours. « Je pense qu’on sera dans l’impossibilité de remettre tout en ordre » d’ici lundi prochain, a-t-elle fait savoir.

Elle a aussi appelé Emmanuel Macron à « ne pas convoquer le Congrès » qui doit entériner la réforme sur le corps électoral, pour que « le calme revienne ». Sonia Lagarde a estimé qu’« une pause institutionnelle » était « la seule issue possible » pour apaiser la situation dans l’archipel.

Un nouveau conseil de défense lundi à 18 h 30

Les décisions demandées par la maire de Nouméa seront peut-être prises ce lundi, à 18 h 30, lors d’un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale convoqué par Emmanuel Macron pour faire « le suivi sur la situation ». Le chef de l’État avait déjà présidé un conseil de défense mercredi, pour décider d’y instaurer l’état d’urgence, puis un deuxième jeudi à l’issue duquel son Premier ministre, Gabriel Attal, avait annoncé l’envoi de renforts de police et de gendarmerie.

Vendredi, le chef du gouvernement avait reçu à Matignon des responsables parlementaires de tous bords pour un « échange » sur la crise, où la question d’une éventuelle prolongation de l’état d’urgence a notamment été évoquée.

Les deux gendarmes morts en Nouvelle-Calédonie décorés à titre posthume

Depuis le début de la semaine, les violences ont fait six morts, dont trois Kanaks et deux gendarmes. L’avion militaire ramenant les dépouilles des deux gendarmes décédés a atterri lundi au petit matin sur la base aérienne d’Istres, en présence du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et de la ministre déléguée aux Outre-mer, Marie Guévenoux.

Sur place, une cérémonie d’hommage a été organisée devant les familles des défunts. Au cours de celle-ci, Gérald Darmanin et Marie Guévenoux ont remis, à titre posthume, la médaille de la sécurité de l’intérieur aux deux gendarmes. Après la cérémonie, les corps ont ensuite été transportés vers un avion militaire qui doit décoller dans la journée pour la base militaire de Vélizy-Villacoublay, dans les Yvelines.




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