Le suspense perdure sur l’évolution du prix des consultations médicales


Les syndicats de médecins libéraux font durer le suspense. Vendredi, ils ont terminé une ultime séance de négociation avec la Sécurité sociale en vue d’augmenter le tarif des consultations médicales et partant leurs revenus. Ce gros coup de pouce financier est attendu de longue date mais les deux principaux syndicats laissaient lundi planer la menace de s’y opposer faute d’accord sur une des modalités de rémunération des médecins spécialistes.

Le compromis, obtenu à la veille du week-end après quelque six mois d’échanges, ouvre pourtant la porte à des hausses de revenus intéressantes aux yeux de plusieurs syndicats. Avec notamment l’augmentation de la consultation de base chez le généraliste de 26,50 à 30 euros. Dimanche, le principal syndicat de généralistes, MG France, a ainsi « salué les avancées enfin proposées par l’Assurance Maladie ». « Est-ce que cela [le compromis obtenu] apporte un plus ? Oui  ! » défendait vendredi Franck Devulder, porte-parole du syndicat CSMF.

Consultations internes

Dans l’immédiat, les syndicats se donnent encore plusieurs jours pour se prononcer sur le compromis trouvé, arguant du besoin de consulter leurs adhérents.

Un point en particulier continue de faire débat entre spécialistes et généralistes. Le compromis prévoit de mieux payer les avis médicaux rendus par des spécialistes à la demande d’un confrère (qui seraient payés 60 euros contre 56,50 auparavant).

Les spécialistes voudraient pouvoir adresser directement des patients à d’autres spécialistes. Mais les généralistes, qui bataillent pour que la médecin générale soit considérée comme une spécialité à part entière, redoutent d’être court-circuités et dévalorisés.

« Cette décision consisterait à rémunérer de façon identique la consultation d’un patient adressé par son médecin généraliste, en raison de la complexité de sa pathologie, et celle d’un patient en accès direct, évidemment plus facile à prendre en charge », argue le syndicat MG France. Et celui-ci de mettre en garde contre un « retour en arrière » et une mesure «catastrophique pour la santé publique ».

Les spécialistes font de leur côté valoir qu’ils ont déjà pour habitude de s’adresser des patients entre eux sans les obliger à repasser par la case médecin traitant. Ils défendent également qu’il ne s’agit pas de court-circuiter les médecins généralistes, lesquels peuvent rester informés du parcours de leur patient, mais de faire gagner du temps aux patients.

« L’équilibre financier [du compromis] n’est pas du côté des médecins spécialistes », se contente de déclarer Patrick Gasser du syndicat Avenir Spé – Le Bloc.

Hausse de la consultation

Lundi en milieu de journée, les syndicats étaient toujours dans l’attente d’une position écrite de l’Assurance Maladie pour se prononcer sur ce point et les autres. L’Assurance Maladie reste discrète sur le sujet, préférant défendre un « investissement important » de la Sécurité sociale en faveur des médecins de ville, de l’ordre de 1,6 milliard d’euros sur cinq ans (à ajouter à quelque 20 milliards mis sur la table en honoraires chaque année).

Si un feu vert des principaux syndicats est bel et bien obtenu, le prix de la consultation de base chez le généraliste devrait passer de 26,50 à 30 euros, à partir du mois de décembre. Les généralistes pourraient également être rémunérés à hauteur de 60 euros pour des consultations longues pour les patients très âgés et bénéficier d’une remise à plat de leur rémunération forfaitaire.

Ces dernières semaines, les négociations ont été plus tendues avec les spécialistes. Après avoir quitté la table des discussions début avril, ils ont finalement obtenu davantage de moyens de la Sécurité sociale pour améliorer la rémunération de leurs actes techniques, dont la grille – très touffue – est en cours de révision.



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