Législatives 2024 : le président du Medef pointe le risque que représenterait une victoire du RN


La sidération, d’abord, un vent de panique face au programme du Nouveau Front populaire , ensuite. Il aura fallu plusieurs jours au Medef pour tourner véritablement son regard vers l e Rassemblement national . Plusieurs jours et des discussions tendues en interne… Ce mercredi, à la veille d’auditionner les chefs de partis et de coalition en lice pour les législatives, l’organisation patronale a publié une tribune et son président a donné une interview marquant une évolution du positionnement du mouvement.

Patrick Martin redit au « Figaro » tout le mal que pense le Medef du programme de la gauche rassemblée qui a provoqué dans ses rangs comme un vent de panique : « 200 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires chaque année, financées par l’impôt ou le déficit. Cela finira forcément mal ». Mais il prend soin de préciser que « si un programme social-démocrate avait été présenté, [le] positionnement aurait été différent ». Et il renvoie dos à dos les deux forces aux deux bouts de l’échiquier politique : « La position du Medef consiste à dénoncer les incohérences à la fois du projet du Nouveau Front populaire et de celui du RN ».

« Divergence de vues considérable »

La sensibilité aux « enjeux d’ordre public », notamment pour le commerce, « peut expliquer un certain intérêt pour le RN » chez les chefs d’entreprise, justifie le numéro un patronal. Mais « dès lors qu’on leur parle d’économie, leurs yeux s’ouvrent », selon lui. Critiquant le « rétropédalage » voulue par l’extrême droite sur la réforme de l’assurance-chômage et celle des retraites, Patrick Martin critique une « divergence de vues considérable concernant l’ouverture au monde », évoquant le risque d’une rupture avec l’Union européenne alors que la France y est déjà en perte d’influence.

Il alerte aussi sur le « pari risqué » sur un scenario à l’Italienne, soulignant que Georgia Meloni est « libérale sur le plan économique » et « beaucoup moins anti-européenne ». « Il faudrait que le RN fasse un véritable aggiornamento, autrement dit un virage à 180 degrés, avant les élections, pour que ça change la donne… »

Il reste en revanche étonnamment silencieux sur un volet majeur du programme du Rassemblement national qui devrait impacter le monde du travail : ce que le RN nomme désormais la « priorité nationale » alors même que les entreprises françaises emploient quelque 10 % de salariés de nationalité étrangère. Le sujet n’est pas non plus évoqué dans la tribune du Medef, qui liste « 10 conditions pour la réussite économique de la France ».



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