l’Holocauste en piscine de l’équipe de France de natation synchronisée, en 1996 à Atlanta




En eaux troubles. En 1996 pour son programme aux JO d’Atlanta, l’équipe française de natation synchronisée choisit le thème… de l’Holocauste, sur des airs martiaux, des chants yiddish et un morceau de la bande-son de La Liste de Schindler, « Yerushalaïm Shel Zahav ».

La chorégraphie est présentée en avant-première lors de compétitions européennes et nationales. Le public découvre, médusé, les nageuses en maillot noir et doré marchant au pas de l’oie sur le bord de la piscine. Dans les premières secondes, un porté assez technique mime l’ascension d’Hitler.

La suite est à l’avenant. Les athlètes évoquent le train de la mort à grand renfort de moulinets de jambes, avant d’être « triées » à droite et à gauche, vers la chambre à gaz ou le travail forcé, par une coéquipière au regard mauvais.

À LIRE AUSSI Ces sports qui se méfient des Jeux olympiques L’intention se veut louable, « contre l’oubli ». Les sportives, très investies, se sont d’ailleurs préparées en allant voir Shoah de Claude Lanzmann et La Liste de Schindler de Spielberg. La virtuosité technique est indéniable. Mais le résultat, grotesque, ourlé d’inconséquence, choque. Des associations protestent contre cette représentation du génocide en maillot de bain.

Changement demandé

Le ministre de la jeunesse et des Sports, Guy Drut, intervient et demande un changement de programme à quelques semaines à peine des épreuves.

L’équipe doit tout modifier en hâte : la chorégraphie, les costumes, la musique. Un changement qui, combiné à la pression du scandale ne leur portera pas chance. Malgré leur travail acharné et des figures délicates, les Françaises ne termineront qu’à la cinquième place. Le programme maudit, lui, sera enterré en catimini. Photos et vidéos officielles disparaîtront des radars, pour faire oublier ce naufrage en piscine.




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