Macron discret, débuts de Keir Starmer et Biden maître de cérémonie




75 ans d’amitié et surtout de défense mutuelle. Les dirigeants de l’Otan, réunis en sommet à Washington, ont principalement abordé la situation en Ukraine, mercredi. Voici ce qu’il faut retenir de la journée.

Emmanuel Macron discret

Quinze heures de vol aller et retour, pour 36 heures à peine sur place : le chef de l’État a réduit la durée de son séjour, crise politique domestique oblige, mais ne pouvait faire l’impasse sur un rendez-vous majeur du monde occidental.

Arrivé un jour plus tard que ses homologues, Emmanuel Macron s’est aussitôt engouffré dans une salle de réunion pour un aparté avec le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer, sans passer devant la presse et sans dire un mot. Avant une longue accolade et poignée de mains avec l’hôte du sommet, Joe Biden. « Unis et solidaires face à la guerre d’agression brutale de la Russie en Ukraine. Moment crucial pour la sécurité et la paix de l’Europe », a seulement lancé le président français sur X en fin de journée.

Débuts de Keir Starmer

Moins d’une semaine après la victoire écrasante des travaillistes, il est jeté dans le grand bain. Le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer a été reçu à la Maison Blanche par Joe Biden, le président américain saluant un allié clé sur les questions internationales, dont la guerre en Ukraine.

« Nous sommes les meilleurs alliés du monde », a déclaré Joe Biden en serrant la main du dirigeant britannique. Le Royaume-Uni est comme un « nœud qui unit l’Alliance transatlantique », a encore dit le dirigeant démocrate. Keir Starmer, qui fait ses premiers pas sur la scène internationale à l’occasion du sommet de l’Otan à Washington, a quant à lui salué cette « relation spéciale », « plus forte que jamais ».

À LIRE AUSSI Royaume-Uni : pourquoi Keir Starmer va vous surprendreÀ Washington, le Premier ministre britannique a promis que son pays continuerait d’apporter un fort soutien à l’Ukraine, et réitéré cet engagement lors d’une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Biden maître de cérémonie sous pression

Il n’y a pas que pour Emmanuel Macron que ce sommet tombe mal. Joe Biden, 15 jours après son débat catastrophique face à Donald Trump, joue sa survie politique face aux pressions pour qu’il se désiste. Omniprésent devant les caméras, il a tenté de prouver qu’il avait encore l’énergie d’un commandant en chef des États-Unis, jusqu’à un dîner tardif.

Engagement d’une aide de 40 milliards d’euros pour l’Ukraine

Sur le fond, les pays de l’Otan ont décidé mercredi que leur aide militaire à l’Ukraine atteindrait au minimum 40 milliards d’euros, selon le texte de leur déclaration commune. « Nous comptons dégager une enveloppe de base d’au moins 40 milliards d’euros pour l’année à venir, et maintenir ensuite l’assistance à la sécurité à un niveau soutenable, pour que l’Ukraine l’emporte », ont précisé les 32 pays de l’Otan, réunis en sommet à Washington.

L’engagement pris est sur une base annuelle, et non pluriannuelle comme le souhaitait le secrétaire général Jens Stoltenberg. Toutefois, les dirigeants de l’Otan se sont aussi engagés à « réexaminer » leurs contributions « lors des prochains sommets de l’Otan, à commencer par celui qui se tiendra en 2025 à La Haye », selon le texte de cette déclaration.

Inquiétude sur un rapprochement Chine-Russie

Les alliés ont également exprimé leurs « profondes préoccupations » face au rapprochement entre la Russie et la Chine, et dénoncent le soutien de Pékin à l’effort de guerre russe en Ukraine, selon un communiqué final. « Le resserrement du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine, ainsi que leurs tentatives, se conjuguant entre elles, qui visent à déstabiliser l’ordre international fondé sur des règles et à le remodeler, suscitent de profondes préoccupations », ont-ils affirmé à l’issue d’un Conseil de l’Atlantique Nord, la plus haute instance politique de l’alliance militaire occidentale.

À LIRE AUSSI Ukraine et « partage du fardeau » : les défis de l’Otan pour ses 75 ansLa Chine « joue désormais un rôle déterminant dans la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine », ont-ils ajouté, appelant Pékin, « en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU (..) à cesser de soutenir matériellement et politiquement l’effort de guerre russe ». Ils ont encore accusé la Chine « d’accroître la menace que la Russie représente pour ses voisins et pour la sécurité euro-atlantique ».






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