OTAN : Stoltenberg souligne l’importance de la France dans l’Alliance


Tout semblait bordé pour le prochain Sommet de l’Otan, qui se tiendra quasiment au lendemain des élections françaises. Prévu à Washington du 9 au 11 juillet, il doit être l’occasion pour les Etats membres de l’Alliance atlantique d’afficher l’unité et la force des grandes démocraties occidentales dans un monde de plus en plus dangereux, et notamment d’organiser dans la durée le soutien à l’Ukraine.

L’Otan fête ses 75 ans et le message à délivrer au monde est que l’Alliance n’a jamais été aussi forte. Pour preuve, elle a réussi à désigner sans drame et à l’unanimité de ses 32 membres son futur secrétaire général, l’ancien Premier ministre néerlandais Mark Rutte. Il succédera dès le 1er octobre au Norvégien Jens Stoltenberg, qui occupait la fonction depuis une décennie.

Quelle figure fera le président Emmanuel Macron à Washington ? En cas de victoire de ses adversaires, que ce soit le Nouveau front populaire ou le Rassemblement national, il devra en tout cas rassurer ses partenaires. Jusqu’à présent, les Alliés européens s’inquiétaient surtout de l’éventualité d’une élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis, dont le camp républicain a réussi à bloquer l’aide à l’Ukraine pendant quelque huit mois. Aujourd’hui, ils regardent avec inquiétude l’évolution de la France. Réunis lundi à Paris pour une séance de travail avec le ministre de la Défense français Sébastien Lecornu, les ministres allemand et polonais n’ont pas caché une certaine nervosité.

Ouverture ou repli ?

Alors que la coopération européenne dans la défense a plus que jamais besoin d’être renforcée face à la menace russe, les thèses nationalistes, qu’elles soient de l’extrême droite ou de l’extrême gauche, inquiètent. « Le nationalisme n’a jamais été une solution aux problèmes et il a toujours créé davantage de problèmes », a déclaré le ministre de la Défense allemand, Boris Pistorius. « Evidemment je me réjouirais d’avoir des résultats d’élections qui permettraient de maintenir et de renforcer des forces pro-européennes, démocratiques et libérales ». Le choix des électeurs français est « une décision qui aura un impact pour toute l’Europe », a ajouté Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, son homologue polonais. « Nous, nous avons dit clairement : nous sommes pour le soutien à l’Ukraine ; pour défendre la liberté et la paix, il faut de la force ».

Lors du sommet de Washington, le signal envoyé par la France, en fonction du résultat des élections, « sera soit un signal de repli sur soi ou au contraire un message de clarté », a résumé Sébastien Lecornu, non sans avoir insisté sur les incohérences programmatiques de ses adversaires, qui n’ont cessé de remettre en cause l’appartenance de la France au commandement intégré de l’Otan et dont la position vis-à-vis de Vladimir Poutine est pour le moins ambiguë.

Organiser la pérennité du soutien à Kiev

Le président Emmanuel Macron, qui recevait lundi à Paris Jens Stoltenberg, l’a assuré de la volonté de Paris de soutenir de façon constante l’Ukraine. Le secrétaire général a de son côté insisté sur le rôle essentiel de la France dans l’Alliance, en rappelant qu’elle joue désormais le rôle de nation cadre en Roumanie, qu’elle participe au renforcement de la sécurité des Etats baltes et qu’elle assure un contrôle maritime indispensable à la libre circulation.

A Washington, les Alliés se sont engagés à envoyer un signal fort à l’Ukraine pour renforcer la prévisibilité de l’aide apportée. Ainsi lors du Sommet, l’OTAN doit prendre le relais du groupe informel de 50 nations dit « groupe de Ramstein » pour reprendre la coordination du soutien en armes à Kiev dans la durée, mais aussi la formation militaire des soldats ukrainiens. A la tête de l’Alliance atlantique, Mark Rutte devra orchestrer la poursuite du soutien militaire à l’Ukraine dans un contexte de forte incertitude provoquée par les élections en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Une séquence essentielle doit arriver avec la livraison des F16 à Kiev.



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