Pourquoi les prix du café vont augmenter


La facture du café s’annonce de plus en plus salée. Sur le marché à terme de Londres, la tonne de robusta – utilisé pour les expressos ou pour le café soluble – a enregistré un nouveau record historique en début de semaine, à 4.667 dollars. Soit une hausse de 60 % cette année. L’arabica , variété plus noble, est de son côté proche de son plus haut niveau depuis 2022, à 2,45 dollars la livre.

Cette envolée des prix s’explique par de mauvaises conditions météorologiques au Vietnam, premier exportateur au monde de robusta. Le pays a été frappé par une longue sécheresse et une vague de chaleur en début d’année, qui ont endommagé les caféiers et entraîné une forte baisse des rendements. La météo n’a pas été beaucoup plus clémente au Brésil, premier producteur d’arabica.

Inédit dans l’histoire du café

Selon les douanes vietnamiennes, les exportations de robusta en juin ont chuté de 50 % sur un an pour s’élever à seulement 70.200 tonnes. « Il s’agirait du plus petit volume d’exportation mensuel depuis 2010-2011 », rappellent les analystes d’ING.

Le marché du robusta au Vietnam est si tendu que les torréfacteurs ont dû débourser jusqu’à 1.000 dollars de plus que sur les marchés à terme pour obtenir des sacs de café. « Nous n’avons rien vu de tel dans l’histoire de notre industrie », a expliqué aux médias Giuseppe Lavazza, président de la maison de torréfaction Lavazza. « Et ce qui est très spécial, ce sont les effets à long terme de la situation ».

Loi sur la déforestation

Au prix de la matière première, il faut ajouter le renchérissement du fret lié aux tensions en mer Rouge pour accéder au canal de Suez. Pour éviter les attaques des rebelles houthis , les bateaux en provenance d’Asie du sud-est doivent contourner l’Afrique par le sud. Le renchérissement du dollar, devise dans laquelle est libellé le café, pèse également sur les comptes des industriels européens. Au total, Lavazza estime que ses coûts ont augmenté de 800 millions d’euros en deux ans.

De plus, l’entrée en vigueur imminente de la loi européenne sur la déforestation a poussé « beaucoup d’acteurs à acheter du café un peu plus tôt que d’ordinaire », indique le dirigeant italien. Cela leur permet de contourner l’interdiction de s’approvisionner en grains quand ces derniers sont issus de terres déforestées après 2020. Pour le président de Lavazza, « il ne fait aucun doute que les torréfacteurs européens vont payer leur café beaucoup plus cher ».



Lien des sources