quelles séries regarder ce week-end ?




Cette semaine, on voyage ! Direction, d’abord, la Corée avec une série qui flatte nos pulsions voyeuristes et excite notre cupidité à travers un jeu lucratif. Puis on s’envole pour le Canada, découvrir la douleur des traumatismes de l’enfance avec Little Bird, prix du public au festival Séries Mania 2023. La saga retrace le parcours d’une Amérindienne à la recherche de son passé, victime de la grande rafle des années 1960.

On ne change pas d’époque mais on passe ensuite la frontière avec les États-Unis, pour s’immerger dans le milieu des Black Panthers avec The Big Cigar, autre série inspirée d’une histoire vraie : le périple du chef révolutionnaire Huey P. Newton à Cuba. Avec l’aide d’un producteur, sa bande et lui se font passer pour une équipe de tournage préparant un film à La Havane afin d’échapper aux griffes du FBI. Et, enfin, on n’oublie pas notre séance de rattrapage qui nous emmène… dans une autre dimension !

« The 8 Show » : le temps, c’est de l’argent

The show must go on ! Trois ans après le succès de Squid Game, Netflix continue de miser sur les séries coréennes. The 8 Show nous embarque dans un jeu haletant au sein duquel huit personnes endettées jusqu’au cou sont enfermées dans un mystérieux immeuble de huit étages surveillé par des caméras. Chaque minute fait gagner (beaucoup) d’argent aux candidats, qui ont la possibilité de demander n’importe quoi, mais à un prix exorbitant. Très vite, les participants se concertent : il faut demander le moins de choses possible et gagner un maximum de temps. Ils peuvent ainsi rallonger les heures en grimpant les escaliers, tels des hamsters…

En plus de cette activité délétère, des inégalités de traitement se dessinent : plus l’étage est élevé, plus la personne qui y habite gagne de l’argent. Une dynamique de pouvoir s’installe alors au milieu de cette petite société. Un despote vit au sommet tandis que le plus faible loge au rez-de-chaussée. Tant bien que mal, chacun tente de tirer son épingle du jeu. Jusqu’à ce qu’un jour, grimper les escaliers ne fasse plus gagner la moindre minute. Il faut alors changer d’occupation, de jeu, de spectacle, pour gagner plus de temps (et donc de l’argent). Mais pourquoi au juste ? Pour divertir. Amuser une élite riche et sadique, brossée à gros traits, comme dans Squid Game  ? Non, on ne la voit jamais – car ce public, c’est nous.

The 8 Show, disponible sur Netflix.

« Little Bird » : déracinement amérindien

Cette série hommage revient sur le retrait forcé, dans les années 1960 au Canada, des enfants de milliers de familles amérindiennes. Inspirée de l’histoire de la réalisatrice Zoe Leigh Hopkins, la saga raconte la vie de Bezhig (Darla Contois), renommée Esther Rosenblum à son adoption. Cette petite fille amérindienne, arrachée à sa famille à l’âge de 5 ans par les services d’aide à l’enfance, devient l’enfant unique d’une famille juive aisée de Montréal.

À l’aube de son mariage, Esther éprouve le besoin de résoudre le mystère de son adoption. Elle part à la recherche de sa sœur puis de son frère, avec plus ou moins de succès. Entre critique des services sociaux nord-américains et quête identitaire, la série, pleine de nostalgie, est un hommage à la culture amérindienne, montrant les cicatrices parfois profondes des familles autochtones. Des Amérindiens jouent eux-mêmes des rôles poignants, servant une histoire bouleversante. Une série à ne pas manquer.

Little Bird, disponible sur Arte.

« The Big Cigar » : de Hollywood à La Havane

« La plupart des problèmes dans ce monde surgissent quand le messager se prend pour le message », met en garde le père de Huey P. Newton (l’imposant André Holland), leader du mouvement contestataire du Black Panther Party. À sa sortie de prison, notre héros est sollicité par le producteur Bert Schneider (qui a produit Easy Rider et Les Moissons du ciel) pour être la tête d’affiche d’un film servant la cause de son parti. D’abord opposé à l’idée de jouer la coqueluche hollywoodienne plutôt que de s’engager dans la lutte armée, Huey finit par réaliser que ce producteur risque tout pour son combat. Notamment son transport jusqu’à Cuba, car notre chef révolutionnaire est recherché par le FBI pour le (faux) meurtre d’une jeune fille. Cette évasion va alors prendre l’allure d’un tournage de film…

Inspirée de la réalité, la série dépeint avec brio la rocambolesque évasion sur fond de violence policière contre les Afro-Américains. C’est aussi le portrait savoureux d’un homme de convictions, qui favorise le développement de programmes d’aides sociales à l’enfance plutôt que la violence de la lutte armée.

The Big Cigar, disponible sur AppleTV +.

La séance de rattrapage

« Landscapers » : hallucinante romance criminelle

Nulle fiction n’est comparable à Landscapers – et c’est bien pour cela qu’on vous la conseille ! Pendant quatre épisodes, le réalisateur Will Sharpe nous projette dans l’esprit étrange de Susan et Christopher Edwards (les excellents Olivia Colman et David Thewlis), couple de criminels condamnés à la prison à perpétuité après quinze années de cavale. Ce qu’on aime, c’est l’ambiance fantastique qui emporte le spectateur dans les visions surréalistes et imaginaires des Edwards. L’œuvre tient plus de la romance hallucinée et métaphorique que du thriller, à l’image du mur qui se brise lors d’une reconstitution, Susan se retrouvant alors sur le plateau de tournage de la série… Déroutant certes, mais on retient surtout l’amour indéfectible des personnages, émouvant et bouleversant. Pour les amateurs de romance et de « true crime », la combinaison est parfaite.

Landscapers, disponible sur Canal+.



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