quels films voir cette semaine ?




Deux films chinois à voir cette semaine : le polar urbain Only the River Flows et une sorte de Seigneur des anneaux de l’empire du Milieu, Creation of the Gods qui ressort en salle après une avant-première le jour du Nouvel An chinois, en février dernier. À noter le retour d’André Téchiné dans Les Gens d’à côté, une radioscopie de la France contemporaine, avec Isabelle Huppert en tête d’affiche. Pour les fans, il y a la suite des aventures de la famille Gru dans le film d’animation Moi, moche et méchant 4.

La newsletter culture

Tous les mercredis à 16h

Recevez l’actualité culturelle de la semaine à ne pas manquer ainsi que les Enquêtes, décryptages, portraits, tendances…

Merci !
Votre inscription a bien été prise en compte avec l’adresse email :

Pour découvrir toutes nos autres newsletters, rendez-vous ici : MonCompte

En vous inscrivant, vous acceptez les conditions générales d’utilisations et notre politique de confidentialité.

On change de registre avec Sons, thriller suédois de Gustav Möller dont l’héroïne est une gardienne de prison.

Enfin, dans Le Médium, mystérieuse histoire de voyance et de revenants, Louise Bourgoin donne la réplique à Emmanuel Laskar, à la fois devant et derrière la caméra.

« Only the River Flows »✭✭✭✭

Tout le plaisir d’un bon polar

Dans la petite ville de Banpo en Chine, la vie s’écoule comme un long fleuve tranquille jusqu’au jour où un serial killer entre en action. Tous ses meurtres sont justement commis au bord de la rivière majestueuse qui borde la ville. Ma Zhe (Zhu Yilong), chef de la police criminelle, est chargé de cette enquête difficile alors même que sa femme et lui attendent leur premier enfant.

Pour son troisième film (présenté en sélection Un certain regard à Cannes), le réalisateur Wei Shujun adapte une nouvelle qui se déroule dans les années 1990 et nous transporte dans une Chine en pleine transformation, où une poignée d’individus (beaux personnages mélancoliques, comme ce coiffeur dont on découvre qu’il se travestit) cherche à échapper aux contraintes imposées par l’État. Tourné en pellicule, le film est particulièrement beau esthétiquement, avec une vraie atmosphère de polar, « comme un cauchemar absurde et silencieux dont on ne se réveille jamais », explique le réalisateur.

« Moi, moche et méchant » 4

Franchise à bout de souffle

Il y a maintenant quatorze ans, le studio Illumination frappait très fort en achetant le studio français Mac Guff Line et son Moi, moche et méchant, l’histoire d’un méchant éminemment sympathique, Gru, et des petites créatures qui l’aident dans ses plans diaboliques et ne s’expriment que par onomatopées vaguement françaises, les Minions. Après plusieurs suites et spin-off, Gru n’est plus méchant du tout, et les Minions sont restés parfaitement égaux à eux-mêmes.

Autant dire qu’il ne se passe pas grand-chose dans cette énième resucée de Moi, moche et méchant où Gru et sa famille (dont le nouveau venu, Gru Junior) doivent se cacher du sinistre Maxime Le Mal. La franchise Pixar Les Indestructibles inspire la plupart des gags autour du bébé et de la planque difficile pour une famille aussi particulière que celle de Gru. Un divertissement vite consommé et vite oublié.

« Les Gens d’à côté » ✭✭✭

En souvenir de François Truffaut

Dans ce nouveau film d’André Téchiné qui est une radioscopie de la France contemporaine, on suit Lucie, agente de la police technique et scientifique, qui s’enfonce dans la solitude après le suicide de son compagnon. L’arrivée de nouveaux voisins – un couple et leur petite fille – va tout changer. Lucie devient comme un membre de cette famille, alors même que Yann (Nahuel Peréz Biscayart) est sous surveillance judiciaire pour son rôle dans les black blocs.

La veine sociale de Téchiné se double ici d’un hommage discret au cinéma de François Truffaut et notamment à La Femme d’à côté. Il s’agit en effet d’une véritable histoire d’amour passionnelle : Lucie s’éprend de cette famille tout entière jusqu’à se perdre. C’est dans cette vibration émotionnelle que le film, par ailleurs un peu trop académique, trouve ses meilleurs moments.

« Creation of the Gods » ✭✭✭

Un « Seigneur des anneaux » chinois

Attention, ovni en vue ! Blockbuster made in China aux effets spéciaux dignes d’une production Marvel ou plutôt d’un Seigneur des anneaux (son influence revendiquée), Creation of the Gods ressort dans les salles françaises, après un premier test le temps d’un week-end en février dernier, à l’occasion du Nouvel An chinois. Cette épopée médiévale au carrefour de la fantasy et du film de sabre est distribuée dans les multiplexes.

« Soons » ✭✭✭

Duel psychologique

Eva, gardienne de prison exemplaire, fait face à un véritable dilemme lorsqu’un jeune homme de son passé est transféré dans l’établissement pénitentiaire où elle travaille. Sans dévoiler son secret, Eva sollicite sa mutation dans l’unité du jeune homme, réputée comme la plus violente de la prison. Deuxième long-métrage du danois Gustav Möller, Sons plonge dans le mental torturé d’une matonne zen en surface (incroyable Sidse Babett Knudsen) mais en réalité dévastée et à bout de nerfs depuis une tragédie personnelle. Quand l’opportunité s’offre à elle de persécuter le voyou psychopathe à l’origine de son calvaire, la surveillante envoie valser tous ses principes et s’enfonce dans une spirale de brutalité sadique.

Étouffant avec son format carré, ses explosions de violence et l’omniprésence des murs, Sons pointe les contradictions du système carcéral à travers le récit d’un tétanisant duel psychologique entre son héroïne et le détenu terrifiant incarné par Sebastian Bull. Un thriller carcéral efficace, sec comme un coup de matraque et, il faut bien le dire, plutôt pessimiste sur l’aptitude de la prison à réellement réinsérer ses pensionnaires dans une vie normale.

« Le Médium » ✭✭

Sans surprise

Michael (Emmanuel Laskar) n’accepte ni sa rupture amoureuse ni l’héritage de sa mère (Noémie Lvovsky), récemment décédée, et qui avait le don de communiquer avec les morts. Déprimé, indécis, il refuse d’assumer sa vocation de médium jusqu’au jour où il rencontre Alicia (Louise Bourgoin) qui est convaincue de la présence dans leur maison de son mari défunt (Alexandre Steiger). Son fantôme est partout et hante ses nuits.

Issu du théâtre, acteur au sein du collectif Les Chiens de Navarre et vidéaste, Emmanuel Laskar signe un premier film qui explore notre relation avec les morts, entre comédie fantomatique et gentille romance burlesque. À la fois devant et derrière la caméra, il est ce personnage mélancolique, solitaire qui a bien du mal à faire le deuil de sa mère et à vivre une vraie relation amoureuse avec cette jeune veuve mystérieuse incarnée par Louise Bourgoin. Tous deux sont empêtrés dans leur passé et leurs désirs, incapables d’affronter la vie qui se présente. Ils ne voient que des fantômes : sa mère, pour l’un ; son mari, pour l’autre.

« Je voulais faire une parabole sur la mort en évitant l’esprit de sérieux », dit le cinéaste-acteur qui, faute d’un scénario charpenté et d’un vrai suspense, tourne un peu en rond avant de trouver un dénouement banal. Le tout est effectivement léger, sans surprise malgré la présence de Louise Bourgoin.

LES ÉTOILES DU POINT

✩✩✩✩✩ : Courage, fuyons

✭ : On ronfle

✭✭ : On bâille

✭✭✭ : On apprécie

✭✭✭✭ : On applaudit

✭✭✭✭✭ : On porte aux nues




Lien des sources