Royaume-Uni : le nouveau gouvernement travailliste veut relancer les éoliennes


Quasiment banni de la campagne anglaise, l’éolien terrestre doit faire son grand retour au Royaume-Uni. C’est la promesse faite par le gouvernement travailliste qui s’installe au pouvoir après des élections remportées haut la main . « Il faut en finir avec ce moratoire absurde », a fait valoir, ce lundi, la ministre des finances, Rachel Reeves.

« Nous visons un doublement des capacités éoliennes terrestre installées d’ici 2030. Cela implique de se défaire immédiatement du ‘ moratoire de fait  en vigueur sur l’éolien terrestre depuis 2015. Nous révisons les politiques de planification pour placer l’éolien onshore sur un pied d’égalité avec les autres énergies développées dans le cadre du plan national (NPPF) », a détaillé le gouvernement dans un communiqué. En vigueur à partir de « ce lundi 8 juillet », ces mesures doivent être confirmées par le gouvernement au Parlement le 18 juillet prochain.

Une capacité éolienne qui fait du sur place

Formellement, la construction de parcs éoliens terrestre n’est pas interdite au Royaume-Uni mais depuis les mesures prises par le gouvernement de David Cameron en 2015, son développement est très largement entravé car la construction de nouvelles installations nécessite l’approbation de toutes les parties prenantes au niveau local.

Au total, la capacité éolienne terrestre installée au Royaume-Uni se limite à 15,1 GW. C’est inférieur à ce qui a été développé jusqu’ici en France, soit 22,4 GW, alors que l’Hexagone n’est pas réputé pour son enthousiasme à l’égard de l’éolien . Outre-Manche, les mâts se concentrent aussi essentiellement en Ecosse, où les autorités les voient d’un oeil plus favorable.

Preuve de ce moratoire implicite, dénoncé par le parti travailliste, la capacité éolienne à terre installée a aussi quasiment fait du sur place ces dernières années. « Le Royaume-Uni a ajouté en moyenne entre 300 et 500 MW de nouvelles capacités chaque année depuis 2019 », explique Pratheeksha Ramdas, analyste senior énergies renouvelables chez Rystad Energy.

Des investissements à réaliser dans les réseaux

Face à l’opposition des élus, les conservateurs ont en effet mis l’accent sur l’éolien en mer, plus loin des yeux des riverains. Avec 14,7 GW installés dans ses eaux et un objectif de 50 GW d’ici 2030, le Royaume-Uni fait ainsi figure de pionnier avec la puissance éolienne en mer la plus élevée au monde, derrière celle de la Chine.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement tente d’inverser la tendance en matière d’éolien terrestre. Face à la crise de l’énergie et l’explosion des factures, Downing Street avait déjà quelque peu assoupli les règles de planification en septembre 2023. Cela ne s’est toutefois traduit par une croissance des capacités installées.

Pour changer la donne il faut en effet du temps et de la constance dans les politiques publiques. « La levée de ce moratoire ne devrait pas produire ses effets de façon immédiate. Nous considérons que cette décision est très positive et devrait renforcer la confiance des investisseurs mais nous n’attendons pas de boom dans l’éolien terrestre d’ici deux à trois ans car les capacités actuellement en développement sont assez faibles », détaille Pratheeksha Ramdas. Au total, 16,3 GW de projets éoliens terrestres sont en développement au Royaume-Uni, dont 84 % sont situés en Ecosse.

La question des tarifs

Outre les permis de construire, l’autre élément qui sera déterminant pour booster l’attractivité du Royaume-Uni réside dans le niveau des tarifs d’achat de l’électricité qui seront proposés aux porteurs de projets par les pouvoirs publics. En la matière, il a eu des ratés l’an passé mais le gouvernement a depuis corrigé le tir, en réévaluant à la hausse les tarifs proposés pour les projets éoliens en mer.

Pas de quoi néanmoins atteindre les 35 GW visés par le gouvernement dans l’éolien terrestre d’ici 2030 car d’autres défis demeurent. « Nous estimons que la capacité devrait se limiter à 26 GW compte tenu des files d’attente pour connecter les projets au réseau électrique ou encore des besoins d’investissements dans les réseaux », indique encore Rystad Energy.



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